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 L'ivresse d'une nuit (PV. Regulus)

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Dragée surprise
MessageSujet: L'ivresse d'une nuit (PV. Regulus)   Mar 23 Déc - 16:58

La nuit est tombée depuis plusieurs heures déjà et pourtant je ne sens toujours aucune fatigue. Peut être est-ce dû aux nombreux verres vides gisant sur la table et à la bonne humeur feignant dans le bar. On rit, on danse, on s'éclate sur des rythmes rocks. Je me sens comme sur un petit nuage et l'alcool m'aide sûrement à planer. Je ne suis pas ivre, ou peut être suis-je juste à la limite. Je n'en sais rien, et je dois dire que je m'en fou. « Encore une Eva ? » Je grogne avec une légère grimace. « Pas Eva. Je n'aime pas ce surnom. Evangeline, ou Ange mais pas Eva. » Mon père hurlait ce surnom quand il le cherchait, bière a la main et en manque. Un shooter rempli se pose devant mes yeux, puis un autre, et encore un autre. Une dernière fois, avec mon groupe d'amis, nous levons nos verres et vidons d'un trait son contenu. Ma gorge me brûle. Ils veulent continuer, moi je m'arrête.

Je quitte l'endroit en essayant d'enfiler mon manteau. Ce n'est pas une grande réussite, l'alcool ne me fait pas du plus grand effet. Je me rends compte de la situation plus que risible et me met en rire franchement à gorge déployée. Je m'adosse à un mur et sors, enfin... du mieux que je peux, une cigarette. Je tâte mes proches. Je ne sens rien. Où est passé mon briquet ? Je m'énerve. Je l'avais tout a l'heure. Je l'avais meme passé à Jack... Mais d'ailleurs, je ne me souviens pas qu'il me l'ai rendu. Oh mais c'est pas vrai.

Cela ne sert a rien de chercher plus longtemps, et je n'ai pas la motivation nécessaire pour retourner au bar. Mon immeuble est à deux pas. Je fais quelques pas, je n'ai plus qu'à tendre la main pour taper le code de l'interphone. Dans le silence de la nuit, un pas régulier résonne. Une silhouette s'approche. Je ne peux voir de qui il s'agit dans la pénombre mais je saute sur l'occasion. « Excusez moi est-ce que vous auriez dû feu ? » Il s'était avancé par apparaître sous un réverbère. Je peux voir son visage et je le contemple, surprise. Ca me revient. Ce regard. Ce visage. Ce baiser. « Oh. » Je ne sais quoi dire d'autre. Je suis un peu gênée aussi.
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Chocogrenouille
MessageSujet: Re: L'ivresse d'une nuit (PV. Regulus)   Mer 24 Déc - 12:09

Sous la lueur pâle de la lune, il y avait le repos. Il marchait d'un pas fébrile, les mains enfoncées dans les poches de son manteau un peu trop grand. Oh, ce soir, il était loin, l'héritier modèle, le fidèle représentant d'une dynastie maudite. Il était loin, loin, loin. Ce soir, il n'était rien. Il se sentait mieux comme ça. Il avait rejoint pour la soirée d'anciens amis perdus de vue, des souvenirs de Poudlard, des vieilles reliques en quelques sortes. Il avait ri, souri, dansé, même, un peu, au son saccadé de musiques moldus. Ça avait été une surprise, tant d'anciens Serpentards ailleurs que du côté sorciers, une surprise et un soulagement aussi. Les conversations avaient été restreintes, comme de craintes de dévoiler leurs secrets. Personne n'avait parlé de ses parents ; il en était reconnaissant.
Il avait fini par s'éclipser à pas de loup, tard dans la nuit, Evan Rosier à ses côtés. Il était un peu titubant et ça arrachait à Regulus des bribes de rires alors qu'il le soutenait, un bras passé sous ses aisselles pour le soutenir. Ils avaient été proches, à une époque, il l'était toujours confusément aujourd'hui. C'était Evan qu'il avait été trouver lorsque Sirius était parti, Evan qui le laissait passer des heures en silence sans rien demander, Evan qui lui lançait à la tête d'un geste dédaigneux des chocogrenouilles, quand l'envie lui prenait. Ce n'était pas une amitié bruyante et exhibitionniste. C'était silencieux, feutré, mais c'était encore là des années après.

Il avait laissé Evan à un croisement avec la promesse de se revoir prochainement. Ils avaient échangé un dernier sourire avant que Rosier ne s'éloigne dans la nuit en fredonnant.
Il lui avait manqué, même si ça lui coûtait de l'avouer. Regulus détestait ce genre de sentiments.

Maintenant seul, il marchait plus rapidement. Lui-même n'avait rien bu, encore effarouché par l'incroyable bêtise qu'il avait fait la dernière fois. Embrasser cette fille, vraiment, quelle idée. Bien sûr, ça lui avait paru chasser un instant la solitude. Bien sûr, sur le moment, ça avait semblé être une bonne chose. Mais ce n'était pas le cas, non, définitivement pas. C'était plus de problèmes qu'autres choses, des ennuis par certaine. Quelle probabilité pour qu'elle soit sorcière, elle aussi, quelle probabilité pour que...

« Excusez moi est-ce que vous auriez du feu ? »

C'était comme une giffle, cette interruption, et il avait ravalé avec peine le sursaut violent qui l'avait électrisé. La tête toujours baissé, il avait tâtonné ses poches à la recherche de son briquet et avait relevé les yeux lorsqu'il l'avait trouvé. « Oh » avait fait la femme et il avait mis un instant à comprendre, mais un instant de trop. Quelle probabilité, se demandait-il, et il avait à présent la réponse : c'était ce genre de probabilité . Il savait sans se voir que son masque d'impassibilité s'était fissuré, savait confusément que ça ne rimait à rien de feindre, à rien de mentir. Il aurait pu, pourtant, il aurait pu tenter. Mais pas ce soir-là, pas cette fois-là, tout cela l'agaçait.

D'un geste impatient, il avait fait sauter le haut du briquet, faisant scintiller la flamme :

« Approchez, que j'allume votre cigarette. »

Il y avait une exaspération ténue dans sa voix, celle du menteur qui se fait avoir, celle du fuyard qui se retrouve acculée. Il aurait fait n'importe quoi pour ne pas la voir – avait fait n'importe quoi par le passé. Et elle se tenait là, sans savoir tous les efforts qu'il avait déployé pour l'éviter, elle se tenait là et il avait juste envie d'hurler.

« Si ça ne vous ennuie pas je vais juste faire comme si je ne vous avais pas reconnu – et vous allez faire de même, parce que c'est beaucoup plus simple comme ça. Deal ? »

Le ton était impérieux, impérial, le ton de quelqu'un qu'on avait lentement entrainé à diriger, le ton de quelqu'un que l'on avait jamais préparé à entendre un non. Il avait haussé un sourcil, dans l'attente de sa réponse, avait croisé les doigts. Oui, oui, oui, il fallait qu'elle dise.
Oui, oui, oui.
C'était évident.
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Dragée surprise
MessageSujet: Re: L'ivresse d'une nuit (PV. Regulus)   Mer 24 Déc - 12:51

Il semblait tout aussi surpris que moi lorsque nos regard se sont croisés et que nous nous sommes reconnus. Je n'aurais pu dessiner son visage mais maintenant qu'il se trouvait devant moi, je savais. C'était lui. A present, je pouvais le contempler et me souvenir de lui avec plus de précision. Un visage anguleux mais avec des traits nobles et froids. Son regard obscur semblait vide, sans la moindre étincelle. Les sentiments de son baiser se retrouvaient dans ces prunelles grises. J'avais une impression de déjà-vu. Avec un brin de nervosité, il sort tout de même son briquet, faisant surgir une flamme rougeâtre. Des ombres naquirent sur son visage, et sur le mien aussi je suppose, créant une sorte d'ambiance mystique. J'approche le bout de ma cigarette et inspire.

Je me sens mieux. La nicotine a sûrement emporté ma soudaine surprise. Je reprends mon assure ce habituelle tandis que lui semble fuir quelque chose. Moi ? « Si ça ne vous ennuie pas je vais juste faire comme si je ne vous avais pas reconnu – et vous allez faire de même, parce que c'est beaucoup plus simple comme ça. Deal ? » Était-ce un ordre ? Je suis encore une fois surprise, par ses propos. Puis, je me mets à sourire, une courbure moqueuse tout en levant le menton avec une certaine arrogance. Je n'aime pas trop qu'on me parle de cette manière. « Pourquoi ? » n'inspire une nouvelle bouffée. « Ce n'est qu'un simple baiser. Il n'y a pas de mal à ça. » Je vais bien plus loin que ça d'habitude mais je retiens cette dernière reflexion.

D'ailleurs, je ne me souviens pas d'avoir donné un simple baiser depuis... Depuis Poudlard en fait. Deja â cette époque j'étais pour le moins frivole. J'enchainais les petits-amis, quelques baisers et hop au suivant. Bon, ce n'étais pas non plus du jour au lendemain. Ce petit baiser me fait retomber dans l'adolescence. Je ris â ce souvenir. « Et puis, dois-je vous rappeler que VOUS m'avez embrassé. » Et bien oui quoi ! Pour une fois je n'y étais pour rien. Bon, certes cela ne m'avait pas déplu, mais tout de même. « Si vous voulez oublier, libre à vous. Moi je n'ai rien a me reprocher... Ni â vous reprocher. »
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Chocogrenouille
MessageSujet: Re: L'ivresse d'une nuit (PV. Regulus)   Dim 4 Jan - 4:00

Forcément, il n'était pas tombé sur quelqu'un de conciliant. C'était trop demandé et, de toute façon, le karma de Regulus avait toujours été un peu pourri. La seule chose qui, à ses yeux, sauvait un peu la situation était peut-être le fait qu'au moins, elle n'était pas spécialement vieille – il n'en était pas certain, jusque là, l'éclairage pauvre de l'endroit l'avait induit en erreur. Non pas qu'il ait quelque chose contre les dames âgées mais il préférait encore penser qu'il n'avait pas embrassé une de ces cougars avides d'argent qui ne rêvaient que de le dépouiller. Il aurait pu se rassurer avant – clairement – s'il avait daigné assumer ses actes et ne pas la fuir. Sauf que ce n'était pas son genre, pas pour le moment, et que c'était pour ça qu'il se retrouvait dans une telle situation.

Poliment, il s'était raclé la gorge, le regard fuyant et l'air franchement embarrassé :

« C'était, hm, eh bien, une erreur, vous voyez ? » Il avait agité les mains, comme pour s'excuser d'une potentielle vexation. « Vous êtes sans doute charmante – je n'en doute pas – mais je ne tiens pas à reproduire ce genre de... choses, ni aujourd'hui ni un autre jour. Aussi je vous serais gré de garder le silence et d'oublier l’événement. Vraiment. Vous aurez toute ma gratitude. »

Très sérieusement, sa vie était pourrie ces derniers temps. Ce n'était même pas un effet de style, c'était une violente, brute et méchante réalité à laquelle il faisait face à chaque instant. Regulus en bon Black qu'il était détestait se plaindre mais il y avait des moments où même sa fierté se cassait la gueule et où il se disait que le sang Black était réellement maudit et que c'était la cause de tous ses problèmes. Parce que, clairement, passer sa fin de soirée un peu bourré avec une fille qu'il a juste envie de fuir à toute jambes ce n'était pas dans ses projets, définitivement et réellement pas. Les doigts un peu tremblants, il avait allumé une nouvellement fois son briquet, à la fois pour s'occuper et pour s'allumer une cigarette à lui aussi – il ne fumait pas souvent mais fumer le détendait et il avait vraiment besoin de détente à ce moment précis.

« Écoutez, soyez raisonnable, je suis heureux d'apprendre que je n'ai rien à me reprocher mais je euh ne suis pas très à l'aise avec tout ça quand même. »

Et c'était même un euphémisme. Il avait effectué avec prudence un petit mouvement de retrait. Bon, certes, oui, il se comportait comme si elle risquait de le mordre mais on ne savait jamais, okay ?

« Et puis hrm je ne veux pas vous brusquez mais je pourrais être, je ne sais pas, un tueur en série alors vraiment il vaut mieux m'oublier. »

Il venait de toucher le fond. De plein fouet. En pleine face. Là, actuellement, il creusait le sol avec les dents, certainement.
Fallait dire, en même temps, que même à Godric il lui avait pas sorti d'explications aussi minables. Teh.
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Dragée surprise
MessageSujet: Re: L'ivresse d'une nuit (PV. Regulus)   Dim 4 Jan - 19:13

Mes propos ne semblent pas le rassurer. Au contraire. J'en perds le sourire et je me sens soudainement un peu mal. Je n'ai pas l'habitude de ce genre de réaction. Soit en général on rentre dans mon jeu, soit on m'ignore. La gêne de cet homme est surprenante pour un simple baiser. « Vous êtes sans doute charmante – je n'en doute pas – » Je souris. C'était gentil. Maladroit mais tres gentil. Je n'avais pas non plus l'habitude de ce genre de compliment. « Mais je ne tiens pas à reproduire ce genre de... choses, ni aujourd'hui ni un autre jour. Aussi je vous serais gré de garder le silence et d'oublier l’événement. Vraiment. Vous aurez toute ma gratitude. » Je reste silencieuse. Je ne sais que penser de cette situation qui pour une fois m'échappe.

La flamme s'agite entre nous, créant des ombres subtiles. Il avoue ne pas être a l'aise avec tout ca. Il est vrai qu'il me donne l'impression de quelqu'un qui ne côtoie pas beaucoup de femme et qui n'a que très peu d'expérience. J'ai l'air d'une prostituée à côté de lui, une pauvre allumeuse un peu éméchée. Je ne suis pas une fille facile. J'aime juste la compagnie des hommes et sans ca je crois que je deviendrai folle. Ils comblent le vide dans mon cœur mais je ne veux pas m'attacher à cette sensation. Il recule. Oui, il fait bien. « Et puis hrm je ne veux pas vous brusquez mais je pourrais être, je ne sais pas, un tueur en série alors vraiment il vaut mieux m'oublier. » J'ecarquille les yeux, surprise par de tels propos, puis je ris doucement, puis plus franchement. « Je pense que je serai plus suceptible d'être un tueur en série que vous. Vous êtes celui qui est le plus tendu de nous deux. »

Je jette mon mégot sur le trottoir et l'écrase de mon talon. « Merci pour le compliment tout à l'heure. Vous êtes gentil. Je vous promet d'oublier. » Je suis sincère. Je lui offre un dernier sourire avant de le dépasser. Mon immeuble est à cinq mètres, je n'ai qu'à faire une dizaine de pas pour atteindre la porte. Mais soudainement, les lampadaires et leurs faibles lumières s'éteignirent et plongèrent le quartier dans le noir total. Je sursaute de surprise. Oh non. Je tente de taper mon code mais bien sur, cette foutue technologie récemment inventée était électronique. Pas de courant.... Pas de courant. J'essaie de forcer sur la porte mais elle ne s'ouvre pas. Je jette un regard derrière moi, je vois encore l'embout rougeâtre de la cigarette du sombre inconnu. Il est encore la. Je ne peux pas utiliser la magie, c'est peut être un moldu. Flûte. Je soupire en m'essayant sur les marches, attendant qu'il s'éloigne. En plus il est très tard, je ne veux pas déranger la concierge. J'en profite pour enlever mes chaussures. Les talons ne sont pas hauts, ils sont même inexistants mais je me sens mieux ainsi. Une voiture passe, plein phare. Il est toujours la. « Vous êtes encore la ? Je vais vraiment finir par croire que vous êtes un tueur en série. »



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Chocogrenouille
MessageSujet: Re: L'ivresse d'une nuit (PV. Regulus)   Dim 1 Fév - 21:10

Un brusque soulagement s'était abattu sur Regulus aux mots d'Evangeline. Il avait risqué un sourire puis un second, avait hoché de la tête lentement en l'entendant rire. Elle n'était pas si terrible que ça, finalement, loin de là, même, et il avait presque envie de la remercier de se montrer aussi compréhensive. Il s'était frotté la nuque, les joues rouges et l'air sincèrement embarrassé, à la façon d'un petit enfant, lorsqu'elle lui avait dit qu'il était gentil. C'était un compliment rare, quelque chose qui n'arrivait presque jamais et Regulus avait très peu entendu cet adjectif lorsqu'on parlait de lui. On l'avait qualifié de volontaire, de parfait, d'intelligent, de rusé, de solitaire, on l'avait qualifié de toute sorte de chose mais de gentil, jamais. Ca lui avait fait une étrange sensation de chaleur dans la cage thoracique et il avait salué d'un faible : « Passez une bonne soirée. » la jeune fille qui s'éloignait.

De fait, elle n'était pas allée très loin, il devait l'admettre, puisqu'elle avait tourné vers le hall d'un des immeubles à proximité. De son côté, il s'était appuyé contre le lampadaire, le temps de terminer sa cigarette, pensif au possible. De fait, chez lui, l'alcool et la réflexion ne faisait pas réellement bon ménage puisqu'il s'était rapidement retrouvé à broyer du noir à propos de sa prochaine rencontre avec sa – certes fort sympathique – fiancée qu'il cherchait à repousser par tous les moyens. À moins de chopper la gastro entre temps, avait-il soupiré, fataliste, intérieurement.

Comme si. Faudrait-il encore qu'il ait de la chance.

C'est à peu près à ce moment là que la lumière s'était éteinte. Regulus avait ravalé un juron puissant et il avait machinalement tâté sa baguette avant de se rappeler que, présentement, il était en plein milieu d'un quartier moldu certes pas très fréquenté mais moldu tout de même. Il s'apprêtait à, finalement, jurer pour de bon, lorsque la voix de la jeune femme – toujours dehors apparemment – l'avait interpellé.

Il avait ravalé un rire un peu nerveux à sa réflexion et s'était rapproché d'elle en désignant vaguement la rue devant lui :

« En fait, j'habite par là. » Les mots étaient sortis avec une facilité déconcertante et il s'était dit que, finalement, elle ne devait plus l'angoisser tant que ça. Il avait secoué la tête. « Et puis je pensais que vous aviez convenu que vous étiez la tueuse en série. »

C'était un peu facile comme argumentation mais Regulus s'était approché d'elle, finalement, un peu intrigué de la voir toujours dehors.

« Blague à part, vous avez un souci ? Si la porte est bloquée, vous ne pouvez pas... Vous savez... »

Il avait mimé avec la main le geste de l'Alohomora, plus machinalement qu'autre chose. Il l'avait aperçu plusieurs fois sur le chemin de Traverse, il savait qu'elle faisait partie du monde sorcier.

« Je peux même vous cacher des regards indiscrets. »

Ouh, c'était à présent certain, c'était l'alcool qui parlait – ou la gratitude, il ne savait jamais différencier les deux – mais en tout cas pas le silencieux et sobre Regulus. Il lui souriait même, sa cigarette à la main et l'air plus avenant qu'autre chose.

Elle lui avait dit qu'il était gentil, comprenez, il ne pouvait pas l'abandonner toute seule décemment. Il ne faisait pas parti de ces garçons là.
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Dragée surprise
MessageSujet: Re: L'ivresse d'une nuit (PV. Regulus)   Dim 1 Fév - 22:12

Le voilà que se rapproche. Sa langue se délie. Est-ce moi ou bien ce jeune homme paraissait plus à l'aise ? Et bien, ce n'était pas non plus une grande aisance mais c'était deja ça. Son menton et ses paroles m'indiquent qu'il habite non d'ici. « Et puis je pensais que vous aviez convenu que vous étiez la tueuse en série. » Je ris doucement. « Je le reconnais. Vous m'avez bien eu. » L'homme sombre et prostré avait, semble-t-il disparu. Plus sûr de lui, plus confiant.

Je me sens aussi plus libre. Je reste assise sur les marches, coudes sur les genoux. Pourvu que l'électricité revienne vite. « Blague à part, vous avez un souci ? Si la porte est bloquée, vous ne pouvez pas... Vous savez... » Je fronce les sourcils. Je vois très mal dans l'obscurité de la nuit. Quel geste mime-t-il ? Il se penche légèrement et continue à voix basse « Je peux même vous cacher des regards indiscrets. »

Je toussote légèrement. « Je ne vois rien et je ne suis pas hélas nyctalope. Mais... » Je ne suis pa sûre. A-t-il fait un mouvement comme pour réaliser un sortilège ou bien pour mimer un crochetage de serrure ? Et je n'ai pas envie de lancer de sortilège sur lui. « Parlez-vous d'un Alahomora ? » Je perçois un hochement de tête. Je me relève soudainement, un grand sourire aux lèvres. « Merci, vous êtes un sorcier, je craignais de passer la soirée dehors. » Je suis soulagée. Mais aussi intriguée. Il sait que je suis une sorcière. Nous sommes nous déjà croisés ?

Je grimpe quelques marches en l'invitant à me suivre. Il s'adosse contre le mur, me dissimulant aux regards indiscrets tandis que je murmure le sortilège. La porte s'ouvre. Je soupire de soulagement. « Merci. » Je lui souris de toutes mes dents. Je suis sûre qu'il ne voit rien mais j'espère qu'il ressent la gratitude.

Je m'apprête a rentrer mais... « Je tiens une boutique de couture sur le chemin de traverse. Si vous voulez une nouvelle veste, un manteau ou je ne sais quoi, n'hésitez pas à franchir la porte. » Je m'apprête encore à rentrer mais... « Vous voulez un café ? Je comptais m'en faire pour éviter... » La gueule de bois. Je n'étais pas bourrée mais après avoir bu une certaine quantité, je me réveillais toujours avec un mal de tête. Et je préférais ça à une potion chimique.

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Chocogrenouille
MessageSujet: Re: L'ivresse d'une nuit (PV. Regulus)   Lun 2 Fév - 14:14

Il avait eu un petit rire lorsqu'elle avait confirmé d'un mot qu'elle avait compris de quoi il parlait. L'espace d'un instant, en ne la voyant pas réagir, il avait pensé qu'il s'était peut-être trompé mais la voilà, sa baguette à la main, qui déverrouille la porte, comme si de rien n'était. Il savait bien que c'était elle – en même temps, c'était une belle femme, il aurait été difficile de se tromper. Il s'était dissimulé tant de fois pour échapper à son regard qu'en soit il aurait été proprement honteux de s'être trompé à ce sujet. Mine de rien, avec toutes ces fuites effrénées il avait eu le temps, et plutôt deux fois qu'une, de l'observer. Lorsqu'elle avait mentionné la boutique dans laquelle elle travaillait, il avait immédiatement compris pourquoi il l'avait vu tant de fois, ces dernières semaines. Elle travaillait littéralement à quelques mètres de lui et c'était presque un miracle qu'il ne se soit pas fait pincer avant. Tout en secouant la tête, il s'était fendu d'un rire sincère, amusé par ce trop plein de coïncidences :


« À vrai dire je vois tout à fait l'endroit où vous travaillez, je passe devant presque quotidiennement. Je travaille chez Ollivander. »

Oh, non, il ne lui donnerait pas son nom parce que ça pourrait être préjudiciable. Elle risquait de se braquer, de vouloir raconter à tout le monde qu'elle avait embrassé l'héritier Black et même si elle semblait sympathique, présentement, il ne pouvait pas courir le risque de faire un faux pas. C'était trop facile de glisser, après, de déraper, de se perdre, et il ne pouvait pas se permettre de laisser une ouverture à sa mère, qui serait bien trop ravie de s'en servir pour l'asservir, l’enchaîner, le ramener à elle sans plus attendre. Il la connaissait trop bien. Elle était dangereuse, comme le poison, et sa langue avait un goût de meurtre.
Il ne la laisserait pas lui mettre la main dessus.

« En tout cas, si vous concevez des gants, je serais ravi de vous en commander une paire. Ceux-là... » Il avait agité les mains doucement. « Commencent à se faire vieux et j'aimerais en changer un peu. »

Pas trop, néanmoins, c'était un peu sa marque de fabrique, mine de rien. N'empêche que rompre un peu la routine ne serait pas une mauvaise chose. Il était coincé dedans depuis trop longtemps pour que ce soit parfaitement sain et il commençait déjà à sentir les tiraillements de l'ennui. Il avait besoin de mettre un peu de piment dans sa vie et, bien sûr, le retour d'Evan allait aider à régler ça mais il n'y avait pas réellement que ça.

« Je serais ravi de prendre un café, en tout cas, j'ai encore un peu de marche avant de rentrer et il commence à faire froid. » Il s'était frotté la nuque : « Enfin seulement si vous n'êtes pas trop fatiguée, évidemment. »
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Dragée surprise
MessageSujet: Re: L'ivresse d'une nuit (PV. Regulus)   Lun 2 Fév - 20:17

A vrai dire, je ne pensais pas qu'il aurait accepté. J'aurais même mis ma main à couper qu'il ne franchirait pas la porte de mon palier. Je me recule pour le laisser entrer dans le couloir de l'entrée et ferme la porte derrière nous. Je grimpe les escaliers doucement. « Ne faites pas attention à l'état de mon appartement. J'ai tendance à me laisser emporter. » Je chuchote ces mots pour ne pas ameuter le voisinage et puis, je préfère aussi le mettre au parfum. Mon appartement est très loin d'être rangé. Nous arrivons au troisième étage et enfin, nous pénétrons dans mon petit chez moi. Je tâtonne le mur et trouve l'interrupteur qui diffuse une lumière jaunatre, douce et chaleureuse.

Je sautille jusqu'au canapé pour enlever les bouts de tissu qui s'y amassait. Mais quelle souillon je fais. J'en ai presque honte. Je ramasse quelques croquis griffonnés a la va vite qui traînaient sur le plancher et les pose négligemment sur la table basse. « Allez y... » J'allais l'inviter a s'assoir, mais une chose me vient à l'esprit. « Nous avons presque le même âge, pouvons-nous nous tutoyer ? » J'ai l'impression de me retrouver dans une soirée du rotary club... Non pas que j'y sois déjà allé, mais qui n'en a pas entendu parler. Je continue de ranger vite fait. J'avais presque qu oublier qu'avant de partir, j'étais en train de finir une robe pour une cliente. J'en étais fière. Dentelle, soie, des pierres précieuses incrustées et brodé au crion de licorne. Je la caresse du regard. Elle est là, trônant sur un mannequin dans un coin de la salle pres d'une fenêtre.

Je fourre mon bordel dans la chambre, les lançant négligemment sur mon lit. Maintenant, je peux m'occuper de mon invité. « Lait, sucre ? » J'aime faire le café moi même, sans magie. D'ailleurs, depuis que je suis rentrée, elle est posée sur une étagère et elle n'en bougera pas. L'habitude je suppose. Je prends une petite poignée de grains et mouds le café en chantonnant un petit air des Beatles. Quelques minutes plus tard, j'arrive enfin avec le café. Dans l'appartement se diffuse une douce odeur d'arabica.

Et dire que depuis tout ce temps nous étions presque voisins de travail. Un apprenti d'Olivander donc. Je m'agenouille de l'autre côté de la table basse, servant le café dans deux tasses d'une grande simplicité. Pas de porcelaine. Non, juste deux tasses à café toute simple. Je mets un cendrier au centre de la table avec les cigarettes. « Au fait, je m'appelle 'Evangeline. » Oui, il serait peut être temps de se présenter. Maintenant que je le vois a la lumière plus vive de mon appartement, je discerne ses traits avec plus de facilité. Ce regard, ces traits aristocratiques. Je n'arrivais pas à mettre le doigt dessus. Oh ! Il a sûrement du faire ses études a Poudlard. Oui, nous avons deja du nous croiser sans vraiment nous en souvenir. Oui, c'était surement cela.
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Chocogrenouille
MessageSujet: Re: L'ivresse d'une nuit (PV. Regulus)   Lun 2 Fév - 23:04

« Ne vous en faites pas pour votre appartement j'ai- »

L'habitude. Oui, définitivement, il avait même l'habitude carrément. Non pas qu'il soit désordonné, dans le fond. Seulement, il possédait peu de meubles et ses livres, notamment, avait tendance à former des piles immenses sur tous les bouts de sol libre – il n'était même plus certain de se souvenir de la couleur de la moquette, en réalité. Néanmoins, la jeune femme ne lui avait pas laissé le temps de finir et il l'avait regardé s'activer à droite à gauche sans trop oser l'arrêter. Les gens énergiques comme ça lui faisait souvent l'effet de flamme auxquelles il pourrait se brûler et il pouvait compter sur les doigts de la main les gens aussi actifs avec lesquels il était capable de se détendre parfaitement.

Il avait fini cependant par s'asseoir sagement sur le canapé, les mains posées sur les genoux et le regard perdu sur la pièce avec curiosité. Elle lui avait dit être couturière et vu l'amas de tissu qu'elle avait balancé sans ménagement dans la pièce à côté, il voulait bien la croire. De même, c'était certain, la robe qui trônait dans le coin de la pièce était une création originale parce qu'il ne se souvenait pas avoir déjà vu une robe pareille ailleurs – non pas qu'il soit spécialement intéressé par la mode mais il feuilletait quelques magazines, à l'occasion, lorsque le traitement du bois des baguettes était plus long que prévu.

« Je vais le prendre noir, merci. » avait-il soufflé avec un sourire avant de reprendre, hésitant. « Nous pouvons nous tutoyer bien sûr. Mais ne v- t'inquiète pas si je repasse au vouvoiement, je n'ai juste pas l'habitude. »

Il n'avait même pas du tout l'habitude et vouvoyait pour ainsi dit la grande majorité des gens qui partageait sa vie. Il vouvoyait son propriétaire, son patron, son chat, parfois, sa mère, son père, la plupart des gens de sa famille, la plupart de ses voisins. Oh, il allait finir par prendre le coup de main, c'était certain, ça allait juste lui demander un certain temps d'adaptation. Mais c'était faisable, c'était toujours faisable. Rien ne lui était impossible.

« Enchanté, Evangeline. » avait-il lancé avec un sourire tranquille tout en portant la tasse à ses lèvres. « Moi c'est Regulus. »

Il avait soigneusement omis son nom de famille tout en sachant qu'elle finirait par faire le lien si elle creusait un peu. Ils avaient sans doute été à l'école ensemble, c'était même certain, et il avait participé à de nombreux matchs de quidditch pour être connu, au moins un petit peu, au sein de l'école. Dans le fond, il espérait juste qu'elle ne ferait pas le lien trop vite.

« Nous avons dû aller à Poudlard ensemble, c'est marrant ce que fait le hasard, parfois. » avait-il fini par murmurer cependant, pour noyer le poisson avant même que le sujet de conversation n'arrive sur la table.

C'était précipité, brouillon, et plus jamais il ne boirait d'alcool, vraiment.
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Dragée surprise
MessageSujet: Re: L'ivresse d'une nuit (PV. Regulus)   Mar 3 Fév - 14:32

Regulus ? C'était donc cela, cet air si familier. Maintenant, je pouvais rattacher ces traits nobles à ceux de Sirius. Ils se ressemblaient sans se ressembler, des mimiques semblables mais une façon d'être radicalement opposée. Sirius, le déluré et le fin dragueur. Regulus, plus en retrait et... moins a l'aise avec les femmes. Je prends une gorgée de café. La chaleur du brevage m'arrache un petit frisson de plaisir. Et ce goût amer et fort. Tout comme Regulus, elle le prenait tel quel pour en savourer toutes les effluves. « Nous avons dû aller à Poudlard ensemble, c'est marrant ce que fait le hasard, parfois. » Je souris à mon tour. Simple coïncidence ou caprice du destin ? Je ne saurais le dire. « Surement. » Je n'approfondis pas davantage le sujet.

Sirius ne parlait quasiment jamais de Regulus mais je supposais que ce dernier avait dû resté dans le cercle des Black. comme moi, il ne veut pas révéler son nom de famille. Moi parce que je n'y vois aucun intérêt. A quoi bon ? Nous n'existons pas à travers notre nom. Lui... Parce qu'il a ses raisons. Je n'aime pas me mêler des affaires des autres alors soit on me parle. Soit on ne m'en parle pas. Je suis pas une journaliste en quête d'informations croustillantes.

Mais Regulus... « L'étoile la plus brillante, apres notre soleil. Un nom royal. » Vieux souvenir d'Astronomie à Poudlard. Ma tasse est deja vide. Je m'en ressert une sans attendre. Je l'invite à se resservir si l'envie lui en dit. Je repense a cette phrase. C'est marrant ce que peut faire le hasard... « Je ne crois pas au hasard. » Je n'y ai jamais cru. J'ai toujours pensé que les choses arrivaient parce qu'elles devaient arriver.

Je me plonge dans mes pensées, dans ma propre reflexion. Dans mes souvenirs. « Pour moi, le monde obéit a une destinée et le hasard n'est qu'un subterfuge pour expliquer l'inexplicable. » Pourquoi suis-je née dans une telle famille ? Ce n'était qu'un accident, et on ne peut se résoudre a dire qu'une telle chose ait été programmée. « Certes si j'avais pris un autre chemin, si j'avais décidé de rester chez moi ce soir... » Si mon père n'avait pas sombré dans la drogue, s'il n'était pas parti de la maison. J'imagine deja l'horreur de ma seconde vie si... « Tout est affaire de choix. Notre vie est une toile tissu avec d'inombrables destins. » Je ris légèrement. « Enfin, ce n'est qu'un avis bien personnel. »

Je plie mes jambes sur le côté pour m'appuyer sur ma hanche et pose mon coude sur la table avec nonchalance. « Tu es un apprenti d'Ollivander donc. Tu as toujours voulu faire ça ? » La question du métier me semble plus appropriée que Poudlard. S'il ne veut pas que je fasse le lien, autant éviter de créer les chemins, au risque de passer pour une idiote profonde qui n'arrive pas à faire le lien entre les événements. J'en profite egalement pour observer ses mains. Une paire de gant m'avait-il dit ? J'arrive à discerner plus ou moins sa taille mais si je veux qu'ils soient parfait, il me faudra prendre des mesures.
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Chocogrenouille
MessageSujet: Re: L'ivresse d'une nuit (PV. Regulus)   Mar 3 Fév - 16:44

« Mes parents sont un peu vaniteux. » avait-il murmuré dans une maladroite tentative de plaisanterie.

Un peu était un euphémisme, ses parents devaient être la vanité même pour avoir prêté à leurs enfants les noms des étoiles les plus brillantes du système solaire. Il était bien loin d'être lumineux, pourtant. La jeune femme n'avait pas semblé tiquer sur son prénom et il en avait été soulagé – il devait y avoir d'autres Regulus dans le monde sorcier, hors de sa famille – et cela l'arrangeait tout particulièrement dans le cas présent. Il s'était frotté doucement les yeux et avait bu une gorgée de son café en l'entendant parler hasard et destin, sujet qui lui semblait subitement beaucoup plus intéressant qu'il ne l'avait été lorsque cette vieille folle de Trelawney l'avait abordé en cours – de toute façon, Regulus avait rapidement déserté son cours pour passer en Études de Runes, dieu merci.

Néanmoins, il n'était pas tout à fait d'accord avec ce qu'elle lui racontait. D'une part parce qu'il détestait cette idée de destin quand en fait il n'était question que de probabilités. Bien sûr, tous les choix qu'ils faisaient ouvraient des chemins différents, bien sûr, ils impactaient sur leur existence. Mais ce n'était pas le destin qui les avait amené à faire ces choix, c'était la probabilité, mathématiques, qu'il était plus favorable pour eux de faire cette chose-là. Il s'était fendu d'un sourire et avait penché la tête sur le côté, pensif :

« En réalité, je ne suis pas certain d'être d'accord avec toi. » Il avait fait tourner sa tasse entre ses doigts : « Je veux dire. Ce que tu présentes comme le destin, ce n'est pour moi qu'un amoncellement de probabilités mathématiques. De plus, est-ce qu'on peut parler de Destin si c'est toi-même qui le façonne ? » Il avait secoué la tête : « Ça ferait du Destin une création humaine, au final. Ça me perturbe un peu comme concept. »

C'était placer le divin au rang de l'humain et les sourcils de Regulus s'étaient froncés machinalement à cette pensée. Ce n'était pas qu'il croit à un Dieu quelconque, dans le fond, mais l'idée même de faire quelque chose comme ça lui semblait désacraliser quelque chose de beaucoup plus grand qu'eux. Il avait secoué la tête pour chasser l'idée et avait hoché de la tête lorsqu'elle l'avait interrogé sur son travail – un sujet stable, au moins, il ne risquait pas de faire de bourdes.

« Toujours, oui. » Ou, en tout cas, du plus loin qu'il se souvienne avoir voulu un métier. « Je suis passionné par la gestion des flux magique et tout ce qu’entraîne l'utilisation de baguettes. Je trouve ça impressionnant que la façon de créer ce catalyseur puisse impacter sur la magie de l'utilisateur et... » Il avait ri et secoué la tête. « Pardon, ça doit te sembler barbant. Enfin tout ça pour te dire que oui, j'aime beaucoup ce métier, je trouve ça passionnant. En ce moment j'essaye d'incorporer des runes à la création de baguette pour voir si on peut améliorer leurs capacités. »

Il s'était frotté la nuque avant de reprendre :

« Et toi, alors, comment tu es devenue couturière ? »
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Dragée surprise
MessageSujet: Re: L'ivresse d'une nuit (PV. Regulus)   Mar 3 Fév - 21:55

Pas d'accord. Hum. Finalement, il semblait avoir de la personnalité. Regulus aiguise mon intérêt. Il fait tourner la tasse, comme s'il s'apprêtait a lire dans le marc de café. Ce n'était pas sans me rappeler les cours de divination. A mourir d'ennui. Cependant, quand il se met a parler de chiffre et de pathétiques, je plonge mon menton entre mes doigts, cherchant où il voulait en venir. J'avais encore quelque reste d'alcool et c'était sans parler de la fatigue de fin de soirée. Je n'étais pas non sur le point de sombrer dans le sommeil mais je ne me sentais pas prête a faire la fête. « De plus, est-ce qu'on peut parler de Destin si c'est toi-même qui le façonne ? » Cette idée m'intéresse. J'aime l'idée de me sentir maître de mon destin. « Ça ferait du Destin une création humaine, au final. Ça me perturbe un peu comme concept. » Qui sait...

J'ai toujours été intriguée par l'histoire. Du temps où je ne connaissais pas la sorcellerie, j'étais passionnée par la création. Adam et Ève et tout ca. Je ne suis pas chrétienne, loin de là. Mais comment en sommes nous arrivé là. N'est-ce qu'une affaire d'évolution, ou y a t'il quelque chose. Pareil pour les sorciers. Pourquoi avions nous des pouvoirs ? Qui etait le premier sorcier ? Des questions sans réponse. Enfin, revenons à des questions plus concrètes auquelles nous sommes capables de répondre. Il m'explique ce qu'il aime dans ce métier et je souris devant tant de passion. C'est devenu tellement rare de faire un metier qu'on aime. Maintenant, la plupart des gens veulent richesse et gloire. Barbant ? Je hoche la tête négativement. « Non. Au contraire. Tu me transmets ta passion. » Oui, je ressens son amour pour tout cela et j'aime sentir ca chez les gens. Ca les rend tellement plus vivant et plus interessant. Avec tout cela, je me demande comment Ollivander a créé ma baguette.

Mais le sujet change de direction. Il se centre sur moi. Comment je suis devenue couturier. J'ai un petit moment d'hésitation. « J'ai commencé par ennui je suppose. » Par nécessité aussi. « J'ai commencé par réparer des peluches. C'était horrible au début. » Je ris en repensant à ce pauvre ourson éventré. A cette époque ma mère s'intéressait encore à moi. Elle m'a aidé à le réparer et a apprendre les débuts de la couture. Les bases. « Et puis, j'ai persisté. Je voulais réussir. Je pense qu'après j'ai fini par aimer ca. C'était devenu naturel. Une évidence. » Je mime le mouvement en même temps que je parle. « Et j'ai decouvert d'inombrables matière, des tissus tellement différents. Et quand j'ai decouvert ceux des sorciers... Une véritable enfant. J'ai fini par me mettre a créer des vêtements. Rien de très exceptionnel mais voilà. Après Poudlard j'ai travaillé pendant cinq ans chez Madame Guipiure. c'est elle qui m'a poussé à aller plus loin que de simples modèles. J'ai mis trois ans a trouver mon style. Et me voila installée depuis quelques mois dans ma propre boutique. » Je sens mon regard pétiller. Mon rêve d'enfant enfin réalisé. Maintenant' j'espère acoir une certaine renomme, voir les grands de ce monde porter mes créations. Peut être que je me lancerai aussi chez les moldus... Qui sait. Ce serait parfait. Mais j'avais encore du chemin.

Je me masse la nuque, un peu gênée. « Excuse moi, je parle er je ne m'arrête plus. » Parler de couture m'a donné l'envie. Je me lève et ouvre un tiroir empli de bobines. J'en sors un mètre ruban. Bien décidée, je retourne pres de .regulus, m'installant à ses cotés sur le canapé. « Donne moi tes mains. » J'ai un sourire assuré et confiant. Je peux parfaitement discuter et commencer mon ouvrage.
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Chocogrenouille
MessageSujet: Re: L'ivresse d'une nuit (PV. Regulus)   Dim 8 Fév - 18:42

Il n'avait jamais pensé être intéressant lorsqu'il parlait de magie. C'était un sujet qui le passionnait, qui poussait sa curiosité, qui le poussait à expérimenter et à découvrir mais c'était un sujet qui, il le pensait, tendait plus à endormir les gens qu'à les pousser à converser avec lui. Soit Evangeline était un spécimen très particulier de jeune femme, soit il était particulièrement peu taillée pour les interactions sociales – sans doute un peu des deux – toujours est-il qu'il avait le sentiment d'être écouté sur un sujet qui lui était particulièrement cher et que cela agitait des sourires en pagaille sur ses lèvres.

En retour, il l'écoutait avec tout autant d'attention, les yeux rivés sur elle, quasiment immobile et les sourcils froncés légèrement en signe de concentration. L'évocation des peluches lui avait arraché un rire qu'il avait étouffé dans sa tasse de thé. Il l'imaginait à repriser ces ours en peluche, en véritable infirmière, avec toute l'attention que cela méritait. Il ne connaissait absolument rien à la couture – il n'avait jamais même eu l'occasion de s'approcher d'une aiguille de sa vie – en revanche, pour avoir passé des heures et des heures chez Madame Guipure depuis sa prime enfance, il imaginait tout à fait ce qu'elle pouvait ressentir devant le choix impressionnant de tissus qui existait. Il se remémorait, petit, la froideur du satin et la douceur du velours, les doigts râpeux d'avoir trop touché de la tulle.

« Continue à parler, il n'y a pas de mal. Je ne connais rien à la couture mais je suis toujours curieux des passions des autres. » Il avait incliné la tête doucement et l'avait suivi des yeux alors qu'elle se mouvait dans la pièce, avant de sursauter légèrement lorsqu'elle s'était installée près de lui. Elle lui avait demandé ses mains et, docile, il les lui avait tendu sans enlever ses gants, un peu dans la lune. Il ne lui était pas venu une seule fois à l'esprit que la confection de gants puissent demander des mesures de se mains – il les achetait en prêt-à-porter, à vrai dire, Walburga en faisait toute une maladie – et il lui souriait, l'air de rien, appuyé contre le dossier du canapé.

« Au début, Monsieur Ollivander a refusé de me prendre. » avait-il confié, pensif, en réponse à l'histoire d'Evangeline. « Je pense qu'il craignait que je ne sois pas très travailleur. » Il avait secoué la tête, un peu désabusé. « Néanmoins, je pense que lorsque le moteur de l'apprentissage c'est le fait de se dépasser on finit toujours par excéder les buts qu'on s'était fixer. Quand j'ai commencé chez lui, je n'avais qu'un savoir théorique – je lis beaucoup, vous voyez. Mais ça m'est rapidement venu. Maintenant c'est comme une seconde nature. »

Il avait agité les doigts doucement pour les détendre et avait refréné un baillement :

« Maintenant, c'est automatique, quand je vois une baguette, je pense immédiatement à tout ce qui a été mis en œuvre pour la créer. On peut en apprendre beaucoup sur un sorcier, comme ça. S'il en prend soin, si elle est neuve, si elle est ancienne, si elle a été gravée, transformée, le bois, le cœur... Et je pense que c'est aussi le cas avec les vêtements. »

Il avait haussé les épaules :

« Après tout, quoi de plus personnel que ce qu'on choisit de porter comme protection face au monde ? »
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Dragée surprise
MessageSujet: Re: L'ivresse d'une nuit (PV. Regulus)   Lun 9 Fév - 21:28

Je continue de l'écouter tout en prenant la mesure de ses mains. J'aime la perfection et je ne jure pratiquement que par le sur mesure. Si on le fait pour des robes, costumes et autres, pourquoi pas pour des mains. D'ailleurs n'y a t'il pas une expression de genre "cela vous va comme un gant" ? Bien sûr que oui. Un grand lecteur, avide de savoir. Je souris avec une légère pointe de nostalgie. « JJe te comprends. J'étais à Serdaigle. J'ai dû dévoré une bonne partie des ouvrages de la bibliothèque. » Je ne connaissais rien a la magie et ce monde me fascinait. Er quoi de mieux qu'un livre pour assouvir ma curiosité. Il agite ses doigts pour les détendre. Je finis rapidement de prendre mes mesures et le laisse tranquille.

Je suis surprise de ses propos. Il associe les baguettes aux vêtements et au fond, il a raison. Protection face au monde. Je réfléchis doucement à ses mots. Je suis en accord, mais aussi en désaccord. « Une protection ou alors une manière de livrer aux autres une partie de nous même. De les aider à nous comprendre. » Tout dépend de ce que l'on veut. Je suis plutot du genre frivole, libre, sans attache et cela se voit dans la façon d'être et de m'habiller. Cependant, même si ma cicatrice etait en partie cachée derriere mon tatouage, je prenais soin de ne pas le laisser à la vue de tous. On a tous nos secrets.

Je souris. « Nous avons tous deux la chance d'exercer des métiers qu'on aime. » Un point commun, non ? J'ai m'amuser mais j'aime aussi discuter sérieusement. Et être ecoutee, respectée, comprise... C'était rare. Bien souvent en prenait mon metier pour quelque chose de superficiel. C'était bien la premiere que je tombais sur une personne comme Regulus. Très agréable. Je me lève en posant une main sur son épaule. « Tu bailles à t'en décrocher la mâchoire. Rentre chez toi et va te coucher. » De toute façon, nous nous reverrons. Nous travaillons pas si loin l'un de l'autre. Et je dois lui faire ses gants.
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