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 [Passé & Présent] J'ai quelque chose à vous.

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MessageSujet: [Passé & Présent] J'ai quelque chose à vous.    Dim 1 Fév - 11:46

    Passé, il y a quatre ans, par une porte de service de Gringotts

Cela commença par un bruissement, si ténue qu'elle doutait de l'avoir entendue. Rapidement, son inquiétude se retrouva confirmée et le bruissement devint bourdonnement dans ses oreilles. Elle sentit ses jambes flanchaient sous elle, tendit qu'elle s'appuyait contre le mur afin de ne pas s'affaisser au sol. Quand était-ce la dernière fois qu'elle avait eut une véritable nuit ? Il y a un mois ? Peut-être deux. Non plus, bien plus, cela avait avait commencé avant la naissance de Harry. Naissance qui s'était révélée merveilleuse les premiers jours et qui s'est transformée peu à peu en désastre. James n'avait jamais le temps. Il devait partir en mission et quand il rentrait il était bien trop fatigué pour faire quoi que ce soit. Oh bien entendu il s'occupait des enfants, mais la plupart du temps ils étaient endormis quand il arrivait ou du moins elle tentait de faire s'endormir Harry tout en travaillant sur les dossiers qu'elle n'avait pas pu traiter dans la journée, car elle avait dû rentrer tôt. Harry pleurait encore et encore, jusqu'à ce que James arrive, il tombait alors dans un profond sommeille, comme s'il attendait son père. Elle inspira doucement, espérant que le bourdonnement se taise enfin, mais il ne faisait que devenir de plus en plus fort.

En elle naquit le sentiment impérieux de devoir rentrer. Elle sentait qu'elle flancher. Ses dossiers sous les bras, elle pressa le pas. Un gobelin la bouscula avec brutalité et lâcha un petit chuitement méprisant. A Gringotts ils étaient les rois et elle, elle n'était rien. Elle ne cessait de devoir faire ses preuves parce qu'elle n'était qu'une née-moldue. Même pas une sorcière digne de ce nom. Lily se retourna pour lui tirer la langue, sentant en elle montait cette boule qui annonçait les pleures qui venaient bien trop souvent ces derniers temps. Elle pressa le pas pour quitter enfin le mausolée qu'était Gringotts. De nouveau on la bouscula, cette fois-ci ses dossiers tombèrent.  « Idiote ! Vous avez de la chance que ce ne soit pas là où les clients rentrent ! » Elle serra les dents, se retenant de rétorquer que si elle les avait fait tomber c'était de sa faute, mais elle garda le silence. Elle tenait à son travail.

Elle ramassa les dossiers les uns après les autres, le bourdonnement était désormais assourdissant, la boule éclata et les larmes s'échappèrent de ses yeux. Elle se laissa tomber à genoux, le choc la blessa, mais elle n'y prêta pas la moindre intention. Lily ne voulait plus qu'une chose, récupérer ses dossiers et s'en allait. Vite, rentrer chez elle et recommencer comme si rien de tout cela venait de se passer. Continuer encore et encore, de toute manière avait-elle le choix ? Pouvait-elle faire quelque chose d'autres. Son regard se perdit sur ses dossiers tâchés de poussière. Si James était un peu plus présent elle aurait pu les finir, elle aurait eut la tête plus légère et peut-être même aurait-elle pu tout simplement dormir. Un sourire amer se dessina sur ses lèvres. On lui avait affirmé qu'elle n'avait pas à s'inquiéter pour la maternité, de toute manière elle resterait à la maison pour s'occuper des enfants, non ?

Encore une décision qui avait déplut aux Potter, mais sa mère l'avait aidée à tenir tête. Être mère au foyer ce n'était pas pour elle. Si sa mère avait réussit à faire une brillante carrière d'avocate et élevée deux filles, alors elle aussi elle pouvait le faire ! Elle remonta une mèche de cheveux qui tombait devant ses yeux. Sa mère avait le soutient entier de son père. Il s'était toujours soucié de la carrière de sa femme et elle se souvient fort bien que c'était lui qui les faisait dîner et qui s'occuper des tâches ménagères dans la maison. Il répétait avec le sourire que maman accumulait les dettes envers lui, mais il suffisait d'un baiser pour qu'elles soient effacées. A cette pensée un petit sourire glissa sur les lèvres de la jeune maman à travers les larmes. Elle a bien essayé de parler à James, mais à chaque fois il n'a pas le temps. Il a bien mieux à faire. Il faut qu'il pense à sa carrière, c'est pour le bien de la famille, c'est le début, c'est normal que ce soit difficile, mais plus tard cela ira mieux. Voilà deux ans qu'il ne cesse de lui dire cela, plus tard cela ira mieux, mais quand arrivera donc ce plus tard ?



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Chocogrenouille
MessageSujet: Re: [Passé & Présent] J'ai quelque chose à vous.    Dim 1 Fév - 21:26

La missive avait été très claire à ce sujet : aucun retard ne serait toléré. Evan ignorait ce qu’ils pouvaient bien lui réserver s’il dérogeait à leurs petites règles si bien huilées, mais le fait était là. L’échéance était dépassée depuis bonne heure, déjà, et il ne se pressait pas davantage ; quatre ans loin de Londres, quatre ans loin du chemin de Traverse, quatre ans à survivre sans les sucreries d’Honeydukes – diantre, il se demandait encore comment il avait pu réussir un tel exploit, suçotant un gnome au poivre en se plaisant à observer la fumée sortir par ses narines.
Ce n’était pas qu’il ne tenait pas à décrocher le job – loin de là, même. Il fallait être un imbécile pour ne pas réaliser quelle opportunité Gringotts lui offrait là et Evan avait beau aimer semer le doute quant ses facettes intellectuelles, il n’était définitivement pas stupide. Mais Evan était aussi arrogant, grisé par les éventualités, ce qu’il pouvait se permettre et ce à quoi il pouvait prétendre en poussant le vice à la frontière du répréhensible. Il savait qu’il était l’opportunité de toute une vie pour Gringotts.
Il savait aussi que s’il se faisait désirer, ils comprendraient à quel point il ne serait jamais tout à fait à leurs bottes et qu’il comptait négocier son salaire autant qu’il le faudrait. C’était une guerre psychologique alors qu’il n’avait encore jamais mis un pied dans l’édifice de manière professionnelle et Evan était très, très doué lorsqu’il s’agissait de jouer avec les attentes et les sentiments des gens.

Ses intérêts avant tout, sa propre part de bonheur avant le reste du Monde ; certes, quoiqu’Evan ne fut jamais cruel, ni même indifférent aux élans émotifs qui le secouaient régulièrement. C’est sans doute pour cela qu’il ne put s’empêcher de s’immobiliser tout à fait lorsque son regard se posa sur cette gracile jeune femme en pleurs, appuyée contre le mur de la banque, les mains tremblantes tentant désespérément de réunir une montagne de dossier éparpillée sur le pavé. D’un mouvement de mâchoire, Evan croqua sa confiserie et il perdit ses doigts dans ses poches, secoué d’une honnête empathie. Sans doute craquait-elle sous la pression du travail amassé. Peut-être le souci était-il plus profond ; quelle qu’était la réponse, Evan n’était pas de ceux qui savait passer devant les demoiselles en détresse dans l’indifférence la plus parfaite. Presque nonchalant, il retira un mouchoir de sa poche et jeta un coup d’œil aux initiales qui y étaient brodées ; « R. B. »

Bien évidemment, ce n’était pas le sien. Il ne s’en servait jamais, du reste : il remontait à une lointaine époque, où suite à un échange musclé avec il avait oublié quel idiot, Regulus lui avait épanché son nez ensanglanté avant de lui laisser le tissu. Evan lui avait promis de le laver et de le lui rendre plus tard ; Evan avait en partie menti et avait conservé la chose dans un coin de ses poches, toujours, comme un peu de lui qu’il trimbalait avec lui, un peu de lui qu’il avait emmené avec lui à l’autre bout du Monde sans arriver à le retrouver pour autant.
Quelques pas lui suffirent à venir s’agenouiller devant la rouquine et il détailla ses traits, attendant de capter son attention pour lui tendre le mouchoir, étonnamment détaché. Il ne souriait pas ; il ne se brisait pas de pitié et sa compassion semblait presque illisible sous son masque quotidien. Ils étaient inconnus, il ne pouvait pas prétendre à la connaissance, il ne pouvait lui soutirer quoi que ce soit ni même lui offrir des mots qu’elle attendait probablement. Tout ce qui était à sa portée se résumait à un geste insignifiant et, peut-être, à lui glisser un gnome au poivre dans le mouchoir.

Ce qu’il fit, au demeurant : elle remarquerait sans doute le poids inhabituel du tissu en le prenant entre ses mains mais Evan ne s’attarda pas à lire la surprise ou une quelconque reconnaissance dans ses yeux – qu’elle avait beaux, au demeurant, d’un vert auquel il aurait pu prétendre s’il n’était pas déjà hanté par un regard plus sombre. Il se releva, l’abandonnant là à une dure réalité qu’il n’avait fait qu’édulcorer, juste assez l’espérait-il pour lui redonner un espoir fugace que tout n’était qu’éphémère et que tout pouvait arriver, même qu’un inconnu s’attarde pour vous malgré son rendez-vous professionnel.
Si elle le remercia, Evan se contenta d’esquisser un signe militaire, frôlant sa tempe du bout des doigts pour remuer le poignet par-dessus son épaule, comme pour lui signifier que ce n’était rien sans pour autant lui jeter un dernier coup d’œil. Il ne la reverrait probablement jamais.
Dommage, songea-t-il en passant la porte de service ; elle avait l'air digne de son temps.
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MessageSujet: Re: [Passé & Présent] J'ai quelque chose à vous.    Mer 4 Fév - 12:34

    Présent, de nos jours

«  Lily ! Félicitation pour votre mission. J'ai toujours sur que je pourrais compter sur vous. »La sorcière sent sa poitrine se gonfler de satisfaction. Elle adressa un sourire franc et le remercie avec douceur. A son arrivée, le gobelin n'avait que du mépris pour la jeune femme. Il ne remarquait sa présence que quand il la bousculait pour lui reprocher d'être sur son chemin, mais ceci, il l'avait oublié. Pour lui, il l'avait toujours soutenue. Elle se saisit du dossier posait sur le bureau et s’apprêtât à tourner les talons, mais d'un claquement de langue il la retient. Toujours penché sur son dossier, elle le fixait en train de gratter sa plume sur son parchemin. Dans sa tête commença le lent décompte pour savoir combien de secondes il s'amusait à la faire attendre. A trente, il posa sa plume. A quarante, il leva la tête et croisa les doigts. Quarante-cinq, il lui adressa un petit sourire satisfait. Enfin il lui parla. C'était la petite humiliation du jour, elle en avait le droit régulièrement, il voulait lui rappelait qu'il était le supérieur, le chef, même si c'était un gobelin et elle une sorcière. Elle avait appris à s'y pliait, à se taire. «  Rosier est de retour parmi nous. Votre prochaine mission vous fera rencontrer des dragons, allez le voir, il pourra vous donnez des conseils. »Il prend un air songeur. «  Il est possible qu'il se joigne à vous. Attendez. »Il prit un bout de parchemin et griffonna. De nouveau elle reprit le compteur dans sa tête. Compter avait cet avantage de l'empêcher de laisser aller ses pensées à la dérives et elle en avait fort besoin. Après trois bonnes minutes, il appliqua son sceau avant de le pousser vers Lily. «  Vous donnerez ce mot à son supérieur. Je tient à ce que Rosier vous accompagne, il semble avoir de bonnes dispositions. »«  Bien monsieur. »«  Cela retardera la mission, mais... Que faites-vous donc encore ici ? Allez-y ! Le temps c'est de l'argent ! »Il siffla agacé et la chassa d'un geste de la main comme on chasse une mouche agaçante. Bien trop habituée pour s'en offusquée, elle tourna les talons.

Il ne lui avait pas dit dans quel service travailler ce Rosier, mais elle supposa que c'était le service qui s'occupait des dragons vu qu'il les avait évoqués plusieurs fois. D'un pas vif, le dossier sous les bras elle s'enfonça un peu plus sous la terre pour aller au devant de sa mission. Elle passa sa main dans les cheveux et détacha au passage sa queue de cheval. Sa chevelure rousse tomba librement dans son dos. Elle inspira l'air frais et poussa un soupire de soulagement, elle avait l'impression que quand elle était en présence de son supérieur, elle cessait tout bonnement de respirer. Elle arrêta un sorcier pour demander où était Rosier, hors de question d'arrêter ainsi un gobelin, ici, ils ne sont pas des égaux, mais des supérieurs. «  Rosier ? Là-bas. »Il pointa du doigt un homme blond au loin. Lily le remercia avant de rejoindre son nouveau collègue.

Il lui tournait le dos, mais quand elle pu enfin son visage, elle s'arrêta brusquement, surprise par cette personne. Elle le connaissait parfaitement. Elle fronça les sourcils. Elle l'avait vu une fois, sur sa tempe, une étrange chaleur, là où il aurait posé ses doigts. Serait-ce lui ? Elle en doutait, cela faisait deux ans maintenant, peut-être même plus, elle n'était plus sûr. Était-ce bien lui ? Dans sa poche elle avait encore son mouchoir. Celui qui lui avait donné. Elle n'a plus le gnome au poivre. James l'avait vu traîné et l'a mangé sans se poser la moindre question. Elle le rejoignit d'un pas vif. «  Monsieur Rosier ? »Ce doute en elle devint peu à peu une certitude. Elle ne l'avait pas bien vue à travers les larmes, ce n'était qu'un visage lointain, mais maintenant qu'elle était face à lui. « Je... »Elle se retrouve à court de mots. Troublée, elle en avait oublié sa mission. Elle se reprit et ajouta fermement. «  Il faudrait que vous donniez ce mot à votre supérieur. »Elle glissa dans sa main enveloppe.



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Chocogrenouille
MessageSujet: Re: [Passé & Présent] J'ai quelque chose à vous.    Ven 6 Fév - 8:28

Étonnamment, ce jour-là, Evan avait eu envie de gnomes au poivre.
Ça avait été soudain et complètement imprévisible, car il avait toujours été plus apte à apprécier le salé et même s’il adorait les confiseries d’Honeydukes – et le fait que les gnomes soient, en effet, à placer du côté salé du spectre lingual – l’ambiance de la boutique, l’odeur puissante qui y régnait, l’étalage de douceurs avaient une rapide tendance à lui soulever le cœur. Sûrement s’en était-il trop gavé dans sa prime jeunesse. Peut-être s’était-il conditionné à réagir ainsi, à force de le prétendre.
Alors, il suçotait la forme d’obsidienne entre ses dents, défilant les pages du dernier ordre de mission qu’on lui avait fait parvenir le matin même, les sourcils froncés de préoccupation et les yeux striés d’une désapprobation muette.
Il n’était pas tout à fait stupide – pas encore – et avait bien entendu parler des rumeurs qui secouaient son maigre service, ces derniers temps. Gringotts désirait un nouveau dragon pour couvrir la nouvelle aile qu’ils prévoyaient de construire. Une partie de la banque réservée exclusivement aux trésors nationaux, jusque là stockés parmi les coffres privilégiés sans pour autant être à proprement parlé à part.

Evan aimait les dragons. Evan aimait les animaux dans leur globalité, mais ce qu’il partageait avec les dragons était d’exception et son attachement pour cette race était hors de propos. Il était passionné, il était engagé, et le traitement que cet endroit leur réservait le révoltait. Bien sûr, il aurait pu refuser le poste par principe, mais en premier lieu, la paie était loin d’être négligeable, et en second lieu, il avait plus intérêt à travailler de l’intérieur, à changer les choses par ses propres moyens en infiltrant le problème à sa source – et cela marchait. Il était le seul dragonnier, car Gringotts n’était pas une réserve et qu’il se suffisait à prendre soin de l’unique dragon alors présent dans la banque et même s’il partageait son service avec des gobelins qui s’occupaient de la trésorerie, de l’administratif, de la gestion ; bref, de toute la paperasse sur laquelle il ne désirait de toute façon pas se pencher, il était aussi le seul sorcier et, contrairement aux autres employés humains de l’établissement, était étonnamment respecté.

Lorsqu’ils l’avaient présentés au dragon pour la première fois, ils avaient saisis leur clochette, lui avait demandé de rester à part, d’attendre qu’ils terrorisent la bête pour leur permettre de s’approcher. Evan avait ri, de son rire arrogant, de cet amusement désabusé, comprenant la situation d’un coup d’œil et réfrénant sa fureur pour mieux leur imposer de ne pas brandir cette chose en sa présence. Et il s’était approché, précautionneusement, le buste droit et les mains en avant, tout va bien et le murmure était inaudible mais il savait que le dragon l’entendait et il avait rivé le museau vers lui malgré sa cécité, les naseaux fumants. Il avait ressenti la douleur, la révolte, l’impuissance et cela l’avait traversé de part en part mais il n’avait pas reculé, impassible. Tu n’as pas besoin que je m’adapte à leur méthode archaïque, n’est-ce pas ? ce n’était pas une menace, quoiqu’on en dise, et il aurait pu, une seconde, se faire griller sur place, et il l’avait sincèrement pensé, car elle était terrorisé, aculée, prête à défendre sa vie – mais la paume de sa main rencontra les écailles et le dragon accentua le contact et les gobelins n’avaient jamais, jamais ressorti cette clochette devant lui.

Bien qu’elle existât encore. Bien qu’Evan ne pût décemment être là, tout le temps, à chaque client qui le nécessitait, à chaque descente dans les entrailles de la banque – mais c’était déjà ça et il savait que ce n’était qu’une question de temps avant que le dragon n’envoie paître leur autorité factice. Mais ça aussi, il le gardait pour lui : qu’il sourît de l’éventualité d’une telle révolution lui porterait préjudice, et il était trop bien payé pour le faire ouvertement.
Tout à ses élucubrations, il sursauta presque lorsqu’une voix l’interpella dans son dos et Evan fit volte-face, haussant un sourcil curieux pour mieux ciller son étonnement. Il ne la reconnut pas immédiatement, mais ne tarda pas à replacer une image sur son visage. La femme qu’il avait croisée lors de son entretien d’embauche, les pleurs, son mouchoir et le gnome au poivre. C’en était presque ironique, songea-t-il en lui adressant un sourire amusé. Peut-être l’avait-elle oublié. Sans doute. Mais le hasard était trop beau.

« Evan. » rectifia-t-il machinalement en la saluant d’un signe de tête, tendant la main à son tour pour saisir le dossier, faisant sans complexe sauter le sceau de violabilité pour mieux se plonger dans la lecture de la chose. « Je n’ai pas de supérieur. » Ce n’était pas tout à fait faux. Ce n’était pas tout à fait vrai non plus, et bien sûr qu’il allait transmettre le dit mot à l’administration, mais hé, après tout, ça le concernait également.
Tout à sa lecture, il rajouta avec une sorte de malice innocente : « Lily Potter.. Eh bien, disons que ça aura mis quelques années, mais je suis enchanté de pouvoir enfin poser un nom sur vos beaux yeux verts. Qui, soit dit en passant, sont bien plus charmants lorsqu’ils ne sont pas dissimulés sous vos larmes. »
Et puis, comme si de rien n’était, il saisit le paquet de gnomes posé sur son bureau de sa main libre pour le proposer à la jeune femme.



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MessageSujet: Re: [Passé & Présent] J'ai quelque chose à vous.    Sam 7 Fév - 11:39

Evan. Pas Rosier. Elle fut surprise d'une telle remarque, quel sang-pur ne voudrait donc pas être connu par son nom de famille, mais son prénom ? Sirius. Mais Sirius était une exception. Tout comme James. Cependant à cet instant elle ne tenait à ne penser à ni l'un, ni l'autre. La simple évocation de ces prénoms lui lacéraient le cœur. Elle espéra qu'il mette sur le compte de sa seconde remarque sa mine surprise. Bien que pour celle-ci elle l'était moins. En quelques secondes elle l'avait classé dans ses sorciers qui ne se considéraient pas comme les inférieurs des gobelins. Pour cela, il lui plut. Elle était agacée par toutes ces personnes qui jouaient les carpettes uniquement dans l'espoir de leur plaire et d'avoir une promotion. De toute manière c'était inutile. Sans aller jusqu'à affirmer qu'elle n'avait pas de supérieur comme lui, elle avait jusqu'à ce jour refuser de les glorifier. Un sourire nostalgique se glissa sur ses lèvres. Il ne l'avait pas oublié. Elle piocha la main dans la paquet et se saisit d'un petit gnome, mais ne le mangea pas. « C'est mon mari qui avait mangé celui qui était dans le mouchoir. » Elle croqua dedans, le goût poivré envahit sa bouche tendit qu'un léger nuage de fumée s'échapper de ses narines. Elle avait l'impression d'être un dragon. Elle glissa sa main dans sa poche et tendit le mouchoir. « Je crois que ceci vous appartient. » Elle l'avait toujours gardé dans l'espoir de lui rendre un jour. C'est étrange. C'était l'espoir qu'un jour tout ira mieux, mais au contraire tout allait de mal en pis. « Je n'avais d'ailleurs pas eut l'occasion de vous remercier. Merci. » C'est étrange de le revoir bien des années plus tard. Elle n'y croyait pas vraiment et en même temps l'espérait.

Du bout des doigts, elle fit tourner sa baguette nerveusement. Elle entendit un rugissement qui la fait écarquiller des yeux et elle ne put s'empêcher de tourner la tête vers le dragon. Son visage perdit quelques couleurs, bien qu'elle n'était pas face au dragon, elle n'était pas rassurée se savoir à proximité d'une telle créature. Elle était fascinée par ces êtres magnifiques et dignes, mais aussi terrifiée. Elle ne traînait jamais à proximité des coffres, elle n'était pas du genre à vouloir les rencontrer et jusqu'à ce jour elle avait réussit à les éviter, mais aujourd'hui tout allait changer. « Je vous admire de pouvoir travailler avec eux. » Parfois elle n'a pas l'impression d'être une gryffondor, elle serait terrifiée à l'idée de se retrouver face à face avec l'un d'eux. Du doigt elle pointa le mot. « Je pense que je peux vous le dire, ils attendent de nous qu'on aille récupérer un objet garder par un dragon et vu qu'il paraît que vous êtes le meilleur dans votre domaine, il faudra que vous veniez m'aider du côté du dragon. » Elle espérait non pas qu'il lui révèle son secret, mais qui l'accompagne et qu'il s'occupe lui même du dragon.



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Chocogrenouille
MessageSujet: Re: [Passé & Présent] J'ai quelque chose à vous.    Sam 7 Fév - 14:37

Evan redressa le nez lorsque Lily prétendit avoir quelque chose à lui et, après une seconde d'étonnement, il laissa entendre un petit rire honnêtement amusé. Il ne s'attendait pas à ce qu'elle l'ait gardé toutes ces années durant, encore moins qu'elle fut animée du réel désir de le lui rendre au point de l'avoir constamment à portée de main. Sans relever l'évidence néanmoins il s'en saisit, la remerciant d'un sourire, caressant brièvement le tissu entre ses doigts avant de l'enfouir dans la poche de son jean. Peut-être était-ce un signe. Peut-être qu'il était temps qu'il le remette à son légitime propriétaire légitime, bouchant le cercle vicieux de tristesse que ce mouchoir semblait inlassablement alimenter.
Son propre sang, les larmes de Lily et l'attente inespérée englobant son parcours atypique – si Evan devait choisir un objet banal à enchanter sans doute porterait-il son choix sur celui-ci.

« Inutile de me remercier. Vous aviez l'air d'en avoir besoin et je n'ai fait que répondre à votre appel de détresse. » Et c'était vrai, au demeurant. Evan n'était pas de ceux qui savaient ignorer leur empathie et s'il ne l'avait pas aussi exacerbée qu'on pouvait le croire il n'en restait pas moins un sentimental – et peu importait qu'il se reniait de temps à autre dans le vain objectif d'atténuer l'évidence.

Le rugissement de la bête ne lui arracha pas même un sourcillement mais la réaction de Lily réussit à égayer la face habitude qui avait su enrober l'exceptionnel. Parfois, il en oubliait ses privilèges ; parfois, il omettait le don qui avait bercé sa naissance pour mieux se persuader d'une banalité fallacieuse.
Quoiqu'il n'oubliait jamais à quel point il était hors-normes, mais pour ça son égocentrisme était à blâmer.
« Je pense qu'on est tous destinés à exceller dans quelque chose. » Ou plusieurs. Un peu comme lui. « J'ai juste eu de la chance de trouver ce que je faisais de mieux et, par-dessus cela, un job qui me permettait de l'exploiter. »
Et sans fausse modestie, je vous prie. Evan n'avait pas travaillé pour cela, il n'avait pas investi d'efforts, il avait simplement ouvert les yeux sur le Monde et s'était laissé porter par sa génétique.
Jusque là, c'était plutôt probant.

« Un objet gardé par un dragon, hm ? » Pour Evan le vrai trésor serait de rester en vie après avoir tenté de voler une bête aussi vénale, mais certes. Pour l'adrénaline, son emploi, la découverte – il s'efforcerait de faire de son mieux. « J'appelle ça des vacances gracieusement offertes.. » eut-il néanmoins l'esprit de plaisanter, décochant un sourire malicieux à la rouquine tout en repliant le papier, notant dans un coin de son crâne d'aller le déposer à l'administration. « Quand partons-nous, Lily ? »



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MessageSujet: Re: [Passé & Présent] J'ai quelque chose à vous.    Dim 8 Fév - 20:26

Elle était troublée par ce sorcier. Troublée, c'était le mot. Par certains aspect, il lui rappelait James, enfin le James d'autrefois, celui qui était souriant, toujours prêt à sauver la veuve et l'orphelin, trop sûr de lui. Elle s'attendait presque à voir Evan passait sa main dans les cheveux et de lui demander de sortir avec elle un sourire satisfait sur les lèvres. Mais il n'était pas James. Il n'était qu'Evan. Un collègue et rien d'autre. Néanmoins elle souffrit de la comparaison, ressentant tout à coup le manque qu'avait provoqué l'absence de son James. Il était présent physiquement, mais... C'était comme s'il n'était pas là. Il avait changé. Elle aussi. Le temps allait donc ainsi. Elle se reprit en jetant un regard surpris quand il lui demanda quand ils allaient partir. Pour lui cela semblait être en effet n'être que des vacances offertes. « Je ne sais. Il faudrait déjà que... La personne qui est au-dessus de vous je vais dire, donne déjà l'accord pour que vous partiez et puisse prendre les dispositions nécessaires. » Encore un tas de paperasses inutiles, d'accords, de discussions et de pertes de temps. Elle lui jetât un regard en coin et ne put s'empêcher d'ajouter. « Le dragons ne sera pas la seule menace qui nous attend. Généralement si on met un dragon, on n'oublie pas les sortilèges pour garder les lieux. » Elle tapota du bout des doigts, songeuse. Non, pas un dragon. Des dragons. « Je dois vérifier quelque chose. »

L'usage du pluriel aurait dû la faire douter. Elle ouvrit brusquement le dossier sur lequel elle n'avait pas encore le temps de plonger ne serait-ce que le bout de son nez. Dossier sous le bras, elle était venue cahin cahan parce qu'elle n'avait pas le choix. Le temps s'était de l'argent, voilà leur proverbe. Du bout du doigt, elle parcourut la fiche récapitulative et s'arrêta brusquement sur le lieu. Elle le tapota d'un air entendu. « Ce n'est pas un dragon, mais dragons, nous allons devoir nous rendre dans la réserve de Tazmanie. » Elle lui jetât un petit coup d’œil. « Vous êtes vous déjà rendu là-bas ? On raconte qu'il y a des dragons particulièrement rare. » Et féroce. Mais quel dragon n'est pas féroce ? Elle referma le dossier d'un claquement sec, enregistrant les quelques informations importantes. Notamment l'objet qu'elle devrait récupérer. Une statuette assez laide et verte dont la photo accompagnait les informations. Elle ne connaissait pas ses pouvoirs, de toute manière c'était sans intérêt, les gobelins la voulaient, alors elle allait la récupérer pour eux.

« Potter ? Que faites vous là ? » Le gobelin qui venait d'arriver afficher une mine sincèrement surprise dans lequel se mélangeait une pointe de dégoût. « Rosier ! Ne perdait pas votre temps à bavarder ! Le temps c'est de l'argent. » Ses petits yeux noirs brillaient d'une lueur mauvaise. Il ne l'avait jamais aimé, parce qu'elle était une femme, parce qu'elle était une sorcière, qu'elle était née-moldue et qu'il avait jeté mainte fois sa candidature avant d'avoir été transféré dans le service s'occupant des protections de Gringotts. Elle avait néanmoins finit par être engagé, usant de la guilde pour avoir les contacts nécessaires et qu'on oublie qu'elle était d'ascendance moldue. Dire qu'elle pensait qu'après Poudlard tout ceci serait terminé, que les personnes seraient suffisamment mature pour ne plus le remarquer. Au moins les créatures le seraient. Et bien non. Elle avait eut tord.



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Chocogrenouille
MessageSujet: Re: [Passé & Présent] J'ai quelque chose à vous.    Sam 14 Fév - 17:42

Des détails que tout cela, aurait voulu clamer Evan tandis que sa main chassait déjà l’air d’un mouvement métaphorique du poignet, quoiqu’il n’osa interrompre la jeune femme dans ses explications.
Sans doute, c’est vrai, à le voir comme ça, il était aisé de se l’imaginer irresponsable, comme si le souci qu’il vouait à l’égard de son apparence ne laissait aucunes places à des préoccupations plus sérieuses. C’était faux, en outre.
Evan craignait les dragons. Il avait beau être Gryffondor, spozyzo et égocentrique, il savait que sa vie ne tenait qu’à un fil lorsqu’il se présentait devant pareilles créatures, lorsqu’il tendait la main pour les inviter à accoler leur museau sur sa paume sans pouvoir être persuadé qu’elles ne décideraient pas de le bouffer à la place.
Mais c’était une question d’apparence. C’était une question de contrôle. S’il laissait un Magyar sentir ne serait-ce que durant une seconde l’ombre d’une crainte minime, alors il perdrait la partie. S’il permettait à un dragon de voir la moindre faiblesse, il se ferait dévorer, aussi bien métaphoriquement que physiquement.
Cela, en outre, marchait également avec ses pairs à deux pattes, et d’un sourire en coin il excusa Lily lorsqu’elle repartit dans sa lecture, tout à fait rodé dans son rôle d’apparences et de faux semblants.

Et s’il mourrait d’envie de lui voler son dossier pour y lire les détails croustillants, il se contenta d’hocher la tête en signe de dénégation, plongeant les mains dans ses poches avec nonchalance. « Non. Cette réserve est.. particulière. Elle sert autant à protéger les Opaloeil en liberté qu’à restreindre les dragons plus, disons, agressifs. Je ne pense pas qu’un homme sain d’esprit y jette son dévolu en destination estivale ; mais vous avez de la chance, je ne suis définitivement pas un homme sain d’esprit. » Son petit sourire en coin effaça tout à fait le bref rictus qui avait su trahir sa surprise à l’entente du lieu auquel la mission les mènerait. Saloperie de gobelins ; si avares qu’ils en étaient prêts à envoyer leurs collègues sorciers au casse-pipe. Il préférait même ne pas imaginer par quel miracle Lily s’en serait sortie s’il avait refusé ce job. Lui-même n’était pas certain de pouvoir gérer le taux de sauvagerie de ces dragons ; c’était un lieu réputé, dans son milieu, considéré comme un pèlerinage pour les plus baroudeurs, téméraires et expérimentés d’entre eux.
Autant dire que si Evan se sentait à la hauteur du challenge, il n’était pas spécialement à l’aise de ruiner sa galanterie en y amenant la rouquine.

L’intervention du gobelin, néanmoins, les interrompit dans leurs préparations. Si Evan haussa un sourcil intrigué, il ne tarda pas à hausser les épaules avec détachement, comme si cela ne le concernait pas, comme si cette histoire lui passait au-dessus de la tête. Bien sûr, il aurait pu prendre la défense de Lily comme il s’obstinait à sauvegarder son image de ‘petit con de sorcier prétentieux qui ne sait pas rester à sa place’ mais Evan avait une philosophie individualiste et était persuadé, au demeurant, qu’on ne se révélait jamais mieux servi que par soi-même, surtout lorsqu’il s’agissait de sauvegarder son ego.
Puis qu’en savait-il, après tout ? Peut-être que Potter aimait cette place qu’on lui octroyait. Il se promit, dans un coin de son esprit, de demander à James de quel côté de sa famille Lily venait. Il commençait à perdre le décompte, avec toutes ces cousines.
« Je m’occupe du reste. Attendez-moi dans votre bureau, je vous rejoins dés que les détails sont réglés. » Il tapota le front de Lily avec la lettre qu’elle lui avait remise, familier et taquin, avant de lui glisser un sourire avenant et de tourner les talons.

Il réapparut trois heures plus tard, sa cape de voyage sous le bras, une clope – encore éteinte – aux lèvres et des lunettes solidement visées sur le nez. S’il avait bien appris une chose avec le temps, c’est que la chaleur intense qui pouvait entourer les dragons avait la fâcheuse tendance de porter préjudice à ses lentilles de contact. Et Evan ne tenait vraiment pas à devenir aveugle à cause de plastique fondu, merci bien.
« Lily ? Tout est en ordre. Je suis prêt quand vous l’êtes. »



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MessageSujet: Re: [Passé & Présent] J'ai quelque chose à vous.    Mer 18 Fév - 21:37

Sur son front elle sent encore l'impacte de la lettre, léger, mais troublant. Elle avait rougit comme une jeune pucelle et s'en était voulu immédiatement. Ce n'était qu'une taquinerie, rien d'autres, mais elle avait sentit le regard appuyé du gobelin se portait sur elle. Probablement imaginait-il mille scénarios se plaisant à l'idée qu'elle trompait son mari. Elle poussa un lourd soupire, durant quelques secondes elle avait cru voir James. Son James. Celui dont elle était tombée amoureuse, mais qui n'était plus qu'un lointain souvenir aujourd'hui. Voilà la raison de son trouble, mais elle n'avait pas pu se défendre, la créature hargneuse était partit après une claquement de langue entendue.

Enfermée dans son bureau, elle rassemblait tout ce dont elle aurait eut besoin. Le dossier traînait négligemment ouvert, révélant la photographie mouvante d'une femme souriante qui avait l'air on ne peut plus normal. Jusqu'à ce que l'on découvre l'âge de la jouvencelle qui n'atteignait pas moins les deux ans. Une broche d'illusion, fait dans le plus précieux des métaux, ils voulaient bien entendus la récupérer pour la « vendre » de nouveau. Cependant être dans la fleure de l'âge – ou même en apparence – ne suffisait pas à vous protéger des dragons. Les propos d'Evan résonnait dans son esprit et l'inquiétait. Dans une besace, elle glissait quelques objets magiques qui pourraient lui être utile, son regard s'attarda sur une photo de famille qu'elle emportait toujours avec elle. Parfois il y avait encore un de ces rares moments évanescent où ils étaient heureux, tous les quatre, ensemble, comme ce jour là. Elle la glissa aux côtés des autres objets.

Perdue dans sa préparation, elle ne fit pas attention à l'arrivée de son compagnon de mission et sursauta quand elle entendit sa voix résonnait dans ce bureau bien trop impersonnel à son goût. « Lily ? Tout est en ordre. Je suis prêt quand vous l’êtes. » Elle glissa la sangle de sa besace sur son épaule et acquiesça d'un bref signe de tête, un sourire nerveux sur les lèvres. Elle leur en voulait de l'envoyer ainsi en mission avec un parfait inconnu. Comment allait-il réagir ? N'était-ce pas inconsidéré ? Mais elle n'avait d'autres choix que d’obéir et suivre les ordres si elle voulait voir la paie tomber à la fin de chaque mois. Elle lui balança une vieille chaussette trouée. « VNotre portoloin. » D'un mouvement sec de la baguette, elle ordonna à son bureau de se ranger. Les objets prirent alors vie sous son regard autoritaire pour se mettre à leur place. D'une vielle horloge coucou, un hypoggriffe cria. « VC'est l'heure. » Se saisissant de l'autre bout de la chaussette, elle cherchait du regard quelque chose qu'elle aurait pu oublier. Plus un moyen d'éviter de croiser celui d'Evan que de chercher vraiment ce qu'elle aurait pu oublier.

La sensation ne fit pas attendre, ses pieds se dérobèrent du sol tendit qu'un crochet se saisissait de son nombril pour l'emmener dans la réserve. Elle aurait préférer user d'un miroir, mais là où ils se rendaient, il n'y en avait aucun. Elle atterrie avec lourdeur sur le sol. Ici c'était l'été, il faisait chaud et rapidement elle se retrouva contrainte d'enlever sa veste qu'elle glissa dans sa besace avec force de grognements non sans avoir au préalable sortie une carte magique qui devrait lui indiquer le lieu voulu. Elle avait pour particularité de non pas indiquer la typologie des lieux, mais d'indiquer les dangers et surtout l’itinéraire à emprunter pour trouver l'objet de tous les désirs.

Un objet précieux qui feraient rêver plus d'un, mais ces cartes étaient sous le stricts contrôles des gobelins et une fois l'objet trouvé, l'encre magique devenant inutile laissait le parchemin vierge. Perdue dans les instincts de l'aventure, elle en avait oublié son compagnon. Elle se tourna vers lui, mine inquiète, elle lui demanda. « Vous avez supporté le voyage ? » La carte n'annonçait aucun danger. « On peut se poser quelques instants avant de prendre le départ si vous désirez. » Elle espérait que son impatience ne se trahissait pas trop dans le ton de sa voix. Elle entendait déjà le reproche résonnait dans la voix de James si elle ne rentrait pas à temps encore une fois.




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Chocogrenouille
MessageSujet: Re: [Passé & Présent] J'ai quelque chose à vous.    Dim 1 Mar - 21:57

Evan n’était pas friand des portoloins et esquissa une grimace lorsque Lily lui tendit la vieille chaussette coupable, mais sans faire de chichis il s’en saisit et hocha la tête pour acquiescer, signifiant qu’il était prêt à supporter le voyage. Bien sûr il aurait été compliqué d’y aller en transplanant, étant donné qu’ils n’y avaient l’un l’autre jamais été, et un trajet aussi long et éreintant aurait été irresponsable compte tenu la concentration qu’ils se devaient avoir.
Mais l’instant passé, Evan laissa ses poumons s’ébouillanter des profondes bouffées d’air qu’il avala goulument, les yeux s’illuminant de cette impatience puérile, les doigts fébriles d’exécuter ce qu’il faisait de mieux : malgré le discours qu’il avait tenu un peu plus tôt à Lily, le danger ne l’effrayait pas et l’adrénaline, même, l’incitait à envisager une rencontre. Bien sûr il ne désirait pas, en aucuns cas, placer la rouquine en danger et il se portait garant de sa sécurité – ce qui était stupide car la demoiselle semblait tout à fait capable de se débrouiller par elle-même – mais son égoïsme, quelque part, ne s’effaçait jamais vraiment. Quant à savoir s’il était prêt à risquer sa propre sécurité, ça, c’était une autre histoire.
(Et le pire, c’est que la réponse serait sans doute : ‘évidemment.’)

« Absolument pas. » répliqua Evan du tac-au-tac à la question pour le moins attentionnée de sa collègue. Si Lily avait fait en sorte de ne pas trahir son impatience – ou son envie d’en finir – Evan, lui, n’en avait cure et il piétinait presque de l’envie de partir sur le champ. Du coin de l’œil, il avait remarqué la carte que tenait la jeune femme mais, lui-même coutumier des gobelins, il ne s’en étonna pas ; tout au plus en fut-il un brin jaloux, lui qui n’avait jamais eu le droit à sa propre carte lorsqu’on l’envoyait en mission, mais ses supérieurs avaient très vite compris quel élément perturbateur il était et ils ne risqueraient sans doute pas à placer un tel objet de valeur entre ses mains.
« Allons-y. » Et sa bonne humeur de le faire sourire tandis qu’il ouvrait la route. La galanterie aurait sans doute voulu qu’il retourne la question à Lily, mais, hé, Evan jugeait la rouquine assez adulte pour s’affirmer si le besoin était.

Le paysage s’étendait à perte de vue, alternant prairies verdâtres, forêts aux pins immenses et ombre de montagnes que le soleil estival avait privé de neige éternelle. Une oreille amatrice ne l’aurait sans doute pas relevé mais Evan entendait les dragons vivre ici ; il y avait ces mélodies du vent, altérées par les ailes qui le brassaient inlassablement des kilomètres plus loin, à l’effet d’un effet papillon grandeur reptilienne. C’était excitant, c’était passionnant et si Evan était toujours le premier pour vanner son silence contemplatif trahissait le sérieux qu’il investissait dans sa vocation.
Il n’eut, en conséquence, pas besoin de la carte pour le sentir arriver ; s’immobilisant soudainement, Evan plaça une main devant le buste de Lily pour l’inciter à s’arrêter à son tour tandis qu’il levait le nez vers le ciel à la recherche de sa gêne. Très vite pourtant les indices s’amoncelaient devant ses yeux experts et il incita la rouquine à continuer calmement leur route, quoique à un rythme précautionneux.

« Noir des Hébrides. Une femelle, selon toute évidence. Vous vous souvenez, lorsque je vous ai dit qu’il fallait être fou pour visiter une réserve en cette saison ? C’est la période de pondaison. Et même moi ne pourrait empêcher une mère de protéger ses œufs quand bien même nous ne lui en voudrions aucun mal. Dans le doute, faisons profil bas ; si nous pouvions rejoindre les parois rocheuses, nous y serions moins exposés. Si, bien sûr, cela concorde avec votre plan. » expliqua-t-il, la main toujours resserrée autour du poignet de Lily, pas vraiment brusque mais non moins ferme, bien que la jeune femme puisse décemment se libérer si elle le désirait. Son autre main désigna les alentours montagneux du doigt tandis que son regard ne quitta, pas une seule seconde, le firmament.



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MessageSujet: Re: [Passé & Présent] J'ai quelque chose à vous.    Mer 1 Avr - 14:02

Un sourire satisfait apparut sur les lèvres de Lily quand Evan fit preuve d'impatience. Elle était agacée quand elle devait emmener quelqu'un en mission et que cette personne n'était pas capable de suivre. Tout le monde n'était pas fait pour partir ainsi à l'aventure, quand les gobelins à Gringotts le retiendront les dragons seront végétariens... Il ouvrit la route, sans même lui prendre la peine de lui demander quel était le chemin. Elle leva les yeux au ciel et le suivit. Le chemin avait des allures de balade paisible, mais cela n'en était en rien le cas. Elle serra fermement sa carte dans sa main. Cette mission la rendait nerveuse, elle n'avait jusque là jamais dû faire face à un dragon et le fait qu'elle allait devoir lui voler son trésor l’inquiétait. Evan lui imposa l'arrêt. Son regard vogua sur les collines et les montagnes au loin, rien ne semblait indiquer cette nécessité. Il fallait reprendre la route, mais d'un pas calme. Elle pinça les lèvres, elle n'avait pas de temps à perdre. Pourtant elle s’exécuta de mauvaise grâce, elle préférait perdre son temps que sa vie. « Noir des Hébrides. Une femelle, selon toute évidence. Vous vous souvenez, lorsque je vous ai dit qu’il fallait être fou pour visiter une réserve en cette saison ? C’est la période de pondaison. Et même moi ne pourrait empêcher une mère de protéger ses œufs quand bien même nous ne lui en voudrions aucun mal. Dans le doute, faisons profil bas ; si nous pouvions rejoindre les parois rocheuses, nous y serions moins exposés. Si, bien sûr, cela concorde avec votre plan. » Il savait ce dont il parlait. La jeune femme se détacha de lui pour ouvrir la carte. Elle secoua la tête. « Nous devons allez à l'opposé des parois selon la carte. » Elle claque la langue agacée. « Les gobelins ne se soucient pas que ce soit la période de pondaisons, des amours ou de la chasse aux sorciers. Ils veulent leur bien et le veulent maintenant. »

Du doigt elle pointe une forêt non loin. « Nous devons aller dans cette direction, si nous empruntons cette route nous pourrons être à couvert. » Un rugissement se fit entendre. Elle retint de justesse un gémissement. Ce n'était pas celui d'un dragon, c'était celui d'une autre créature. « Je vous propose que nous accélérions tout de même le pas. » La réserve ne comptait pas que des dragons, elle avait sa propre faune et flore qui se développait loin des hommes et de leurs goût de tout contrôler. Le rugissement se fit plus fort, plus proche aussi. Elle passe devant Evan et quitta la route pour aller en direction d'un pas vif en direction de la forêt. « Vous connaissez le sort des bottes de sept lieux ? » Elle n'aimait pas ce sort, il pouvait vous emporter bien plus loin que votre destination et vous faire des bonds tel que vous perdiez le sens des réalités. Cependant, la forêt était loin et la créature qui les suivait était proche. Nerveusement, elle jetât un énième coup d’œil à sa carte. Elle n'était que de la chaire à canon pour ces fichus gobelins. Ils n'avaient que faire que les agents envoyés avaient une vie.



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