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 Fear not this night.

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Gnome au poivre
MessageSujet: Fear not this night.   Jeu 26 Fév - 0:33

Orchid se sentait nauséeuse mais son instinct de conservation lui hurla de rouvrir les yeux à la seconde même où le sol tangible reparut sous ses pieds. Bien sûr ses jambes maladroites la trahirent presque instantanément et elle s’effondra sur le plancher mais ses prunelles, déjà, recherchèrent activement la vieille femme qui se tenait devant elle quelques secondes plus tôt. Elle réussit à discerner sa silhouette par-delà sa vue trouble mais celle-ci ne tarda pas à disparaître en un ‘pop’ qui lui arracha un sursaut surpris.
Il faisait nuit noire, une amulette blessait son poignet dans un lieu inconnu, elle était seule et elle avait perdu ses pattes.
Si on lui avait dit, à cet instant précis, que la situation allait encore s’empirer, Orchid n’aurait probablement pas cru l’inopportun.
Et pourtant.

Tandis qu’elle ramenait ses faibles jambes humaines contre elle, la désormais jeune femme s’efforça de rassembler ses pensées, laissant ses prunelles s’accoutumer à la lumière tamisée de la.. pièce ? oui, à bien y regarder, elle était entre quatre murs. Son malaise s’accentua davantage encore et Orchid déglutit, orientant son visage en direction des rayons lunaires qui filtraient à travers la fenêtre. Malicieuse, l’astre nocturne se plaisait à multiplier les ombres inquiétantes autour d’elle et Orchid devinait des objets étranges, menaçants, monstrueux peuplant le parquet sur lequel elle avait atterri.
Calme-toi, se somma-t-elle ; ne crains pas la nuit. Ne crains pas cette nuit.
La nuit était son domaine, elle ne pouvait jamais se perdre ; malgré l’obscurité tombante, les étoiles trouvent toujours leur chemin.

Plus facile à dire qu’à faire, certes ; mais Orchid avait beau être à des lieux de chez elle, elle était résolue à g arder la tête froide et à tirer au clair cette situation. Elle ignorait pourquoi cette femme l’avait amené ici, ou quelle ‘destinée’ lui était réservée selon les dires de cette dernière, mais ce n’était pas arrivé par hasard. Rien n’arrivait jamais par hasard, dans ses croyances.
Ses mains caressèrent l’épiderme étrangement glabre de ses jambes, laissant ses dermatoglyphes faire connaissance avec ces nouvelles parties d’elle-même tandis que ses pensées se dirigeaient vers l’amulette qu’elle portait dés lors au poignet. Quel étrange sortilège ; quelle étrange magie, même, elle qui y était si peu coutumière !
Sentant la panique recommencer à la prendre, Orchid hocha vivement la tête, se sommant de diriger ses considérations sur autre chose ; à l’extérieur la pluie fouettait le verre qui la protégeait du temps capricieux et Orchid calqua sa respiration sur l’averse.
Réveillée du sommeil paisible qu’était auparavant son existence, elle écouta le murmure du vent – réveillée tandis que le silence grandissait dans sa solitude nocturne. L’obscurité était tombée sur le paysage de sa vie et ses paupières lasses s’ouvrirent silencieusement mais, désormais rassérénée, le crépuscule avait délaissé jusqu’à ses plus lointains horizons.

Avant même qu’elle ne le réalise, Orchid s’était prostrée contre le sol, la respiration calme et la position fœtale. La crainte avait laissé place à l’incompréhension, l’incompréhension à la résignation, la résignation à la fatigue.
Sans doute aurait-elle les idées plus claires, des alternatives plus nettes une fois reposée. Juste un peu. Juste quelques temps.
Elle qui était si méfiante préférait alors le sommeil dans ce lieu inconnu à la sensation dévorante de l’impuissance.
L’aube n’était qu’à un battement de cœur ; l’espoir ne tenait qu’à un lever de soleil.
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Gnome au poivre
MessageSujet: Re: Fear not this night.   Jeu 26 Fév - 10:37

Une guerre nucléaire ne réveillerait pas Junko.
Enfin. Peut-être que si.
Pour être plus honnête, une attaque à la mitrailleuse ne la réveillerait certainement pas, un crash d'avion dans sa chambre, sans doute pas non plus. Une bombe nucléaire, en revanche, peut-être.Ça restait de l'ordre de l'incertain, toutefois, puisque ce n'était jamais arrivé et qu'elle espérait de tout son cœur que sa demeure ne partirait pas en confettis par un caprice du sort..

Toujours est-il que Junko avait toujours eu le sommeil lourd. Au début, c'était par nécessité : elle avait toujours partagé sa chambre avec ses frères et sœurs, avait toujours vécu dans une sorte de cacophonie ambiante. À Poudlard, elle avait vécu sept ans en colocation avec d'autres filles, qu'elle avait entendu ronfler, gémir, baiser, etc etc. Cela n'avait rien de musical et elle avait bien vite monté des barrières, des protections, pour éviter que ses oreilles n'agonisent ou d'en apprendre plus qu'elle ne l'aurait souhaité. Au bout du compte, ça avait donné ça : un espèce de supersoldat du sommeil qu'une trompette dans l'oreille ne réveillerait pas.
Ça avait des avantages... parfois. Ce jour-là, dans le fond, ça n'en avait pas tellement, cependant.

Comme tous les matins, Junko s'était réveillée d'une humeur massacrante. Elle avait passé la soirée avec des amis, avait beaucoup trop bu et elle avait l'impression qu'on avait transformé son crâne en vélodrome et qu'un cycliste fou s'amusait à rouler sur les parois de son crâne. Il était entêté, le bougre, et elle avait envie de faire un meurtre. La gueule de bois ? Non, jamais ! Ils s'étaient simplement prêté à un jeu un peu stupide qui consistait à boire des potions au hasard. Genre roulette russe du liquide, des effets secondaires rigolos en prime – outre la mort, s'entend. Un de ses amis avait apparemment pris une potion aphrodisiaque, ce qui aurait pu être vite réglé s'il n'était pas devenu bleu à cause d'une allergie à l'un des composants, l'autre s'était mis à flotter, un troisième avait commencé à imiter la poule. Elle, de son côté, avait découvert les affres d'une sensation qu'elle n'avait jamais connu : la maternité. Elle avait passé toute la soirée à croire qu'elle était enceinte et, ce matin encore, elle subissait vaillamment des nausées matinales, en attendant que les effets s'estompent tout à fait.

Plus jamais, se jurait-elle en se grattant le ventre, une grimace sur le visage, le regard posé sur l'escalier qu'il fallait qu'elle descende pour accéder à sa cafetière. Tout était. Tellement. Compliqué.Avec un soupir à fendre l'âme, elle était descendue à l'étage du dessous, en culotte et grognon, les yeux encore lourds de sommeil. Les volets roulants de sa boutique était fermés, dieu merci, et l'obscurité bienvenue de l'endroit lui avait arraché un sourire de contentement alors qu'elle se dirigeait mécaniquement vers la machine à café. Elle avait tendu la main pour mettre l'eau à chauffer lorsque son pied avait heurté plutôt violemment un objet au sol.

Attendez. Un, deux, trois, le cerveau qui redémarre. Quatre, cinq, six, il n'y avait rien par terre, hier soir. Elle n'avait même pas le doute : c'était une certitude. Elle faisait le ménage plus soigneusement que toute autre chose et elle ne laissait jamais rien par terre. Et là. Là. Une de ses dermographe gisait au sol comme un cadavre sur une scène de crime. En parlant de cadavre, d'ailleurs... Son œil venait de capter la forme d'une cheville blanche et d'une forme allongée au milieu de tout le bordel.
Ça avait pas l'air très vivant, mais si ça l'était, ça ne le serait bientôt plus.

Junko n'avait jamais été quelqu'un de délicat, qui faisait dans le doucereux, dans le tact, dans le mielleux. Si on ne lui demandait pas explicitement de bien se tenir, elle avait tendance à se transformer en obus, prête à tout dévaster sur son passage. C'est pour cela que, un pot de plante verte à la main en guise d'arme et l'air furieusement déterminé sur le visage, elle s'était dirigée vers la jeune fille – apparemment nue, elle aussi, c'était une tendance ce matin là – qu'elle avait poussé un peu rudement avec le pied pour la réveiller :

« Je peux savoir ce que vous branlez là ? » avait-elle commencé d'un ton sec. « Réveillez-vouuuuus. VOUS N'AVEZ RIEN À FAIRE CHEZ MOI. »

Ah, une journée qui commençait bien.
Et dire qu'elle avait mis sa culotte porte-bonheur, vous savez, la rouge à pois.
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Gnome au poivre
MessageSujet: Re: Fear not this night.   Dim 1 Mar - 20:43

Orchid était avant tout un animal sauvage ; comme toutes les bêtes que la Nature n’avait pas placées tout en haut de la chaîne alimentaire, elle possédait un instinct de survie exacerbé, un sixième sens étonnamment développé et une réactivité à toute épreuve. Elle s’était réveillée bien avant que l’intrus ne la touche ; si elle avait nié avoir conscience de sa présence, son esprit pourtant avait fait la liste de toutes les choses qu’elle avait sous la main et qui pouvait servir à la défense acharnée qu’elle allait devoir développer.
Bien sûr, c’était avant qu’elle ne se rappelle qu’elle était nue, qu’elle était dotée d’une paire des jambes faiblardes incapables de soutenir son poids et que son arc était resté là-bas, au loin, sur la terre qui l’avait vu grandir mais à laquelle elle ne pouvait prétendre avant d’avoir fait un peu de rangement dans tout ce bordel.
Alors forcément, plus farouche que jamais, lorsque l’inopportun avait haussé le ton dans un dialecte qu’elle ne comprenait pas, le sang d’Orchid n’avait fait qu’un tour : se redressant vivement, elle se jeta sur la jeune femme, lui sautant au cou tandis que ses propres prunelles se rétractaient sous l’adrénaline.

Il ne lui aurait fallu, en outre, pas grand-chose ; une pression adéquate, une morsure bien placée – ce n’était pas les méthodes qui manquaient lorsqu’il s’agissait de chasser. Mais quelque chose, dans le regard de l’autre, dans son visage, dans le buste alors exposé.. le reflet de ses prunelles lui rappela les siennes et Orchid en perdit toute contenance, écarquillant les yeux devant ce miroir inopiné.
C’était la première fois qu’Orchid entrevoyait quelqu’un qui lui ressemblait autant. Bien sûr, la vieille femme aurait pu rentrer dans cette catégorie si elle ne s’était pas dissimulée sous une cape sombre, si elle ne s’était pas dissimulée à son regard curieux ; mais ce n’était pas pareil, évidemment, et le rythme effréné de son cœur battait ses tempes alors que ses doigts hésitaient entre serrer la nuque fragile sous ses dermatoglyphes ou alors, peut-être, la relâcher, aviser ensuite, comprendre ce que cela signifiait. Cet étrange personnage qui lui ressemblait tant ; était-ce là sa destinée ?

Les questions défilaient dans son esprit mais avant qu’Orchid ne puisse y répondre, le pot de fleur que la sorcière avait relâché lorsque la centaure l’avait assailli termina de dessiner d’improbables chorégraphies dans les airs pour, enfin, achever sa course contre le sol, explosant en dizaine de morceaux terreux en un bruit tonitruant. Orchid s’extirpa de sa bulle réflective pour tourner la tête vers l’objet coupable, les sourcils froncés de méfiance alors que, contrôlant à peine la chair de poule qui commençait à trahir sa panique, elle se détachait enfin de l’intrus en un sursaut interpellé. Comme elle n’avait pas remarqué l’arme improvisé de sa vis-à-vis, les scénarios se succédèrent dans son esprit ; la sorcière n’était peut-être pas seule et cette diversion n’était qu’un moyen de lui faire lâcher sa proie..
Se sentant acculée, l’admiration obsessive qu’elle avait commencée à ressentir à l’égard de l’étrangère se mua en paranoïa malsaine et Orchid émit une sorte de grondement animal, encore accroupie à quelques centimètres de celle-ci.

« Je vais vous tuer. » et la menace brisa sa voix cristalline, et qu’importait qu’elles ne se comprennent pas ; la peur était universelle et Orchid était une bête sauvage, indomptable et instinctive.
Alors sans doute allait-elle réellement mettre sa menace à exécution ; peut-être même aurait-elle appris à ses dépends que les sorciers n’étaient pas aussi vulnérables que ce qu’on avait toujours voulu lui faire croire. L’une comme l’autre ne durent leur salut qu’à une sonnerie suraiguë qui brisa alors l’ambiance lourde et Orchid tenta de se mettre debout, trébucha son centre de gravité, se ramassa contre un meuble qu’elle entraîna dans sa chute. Il n’était plus question de défense, ou de vengeance, ou quoi que ce soit ; c’était l’incompréhension totale et Orchid paniquait et si le bordel ambiant était déjà conséquent la rouquine s’évertua alors à en rajouter davantage encore, cherchant à fuir cette musique diabolique qui, sans aucuns doutes, venait pour son âme.
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Gnome au poivre
MessageSujet: Re: Fear not this night.   Lun 16 Mar - 1:53

Il y avait la peur, quelque part sur ses paupières.
La peur était bleue, violette, de la couleur de toutes les veines qui courraient sur la peau transparente. La peur était foudroyante. La peur était dévorante. Junko n'avait pas l'habitude d'avoir peur. Il y avait les mains sur sa gorge et la sauvagerie dans le geste, quelque chose de violent et d'animal, quelque chose de terrifiant et de spontané. Il y avait la mort, quelque part au bout du fil, pas si loin, pas assez loin, et son corps tout entier avait été saisi du même tremblement. Jamais auparavant elle ne s'était sentie aussi proche du point de bascule, aussi proche de l'endroit où se tiennent les fantômes, les défunts, les envolés. Inutiles, ses mains avaient agrippé l'air ambiant pour essayer de retenir quelque chose alors qu'elle sentait la terreur vider ses poumons, l'instant se figer dans l'atmosphère.

Il y avait quelque chose d'étrange dans tout cela. Il y avait quelque chose de curieux, quelque chose d'impossible, comme si la situation n'avait été volontaire ni d'un côté, ni de l'autre, comme si le destin s'était emmêlé quelque part et les avait laissées là, hébétées et terrifiées, à la gorge l'une de l'autre comme on le serait à la chasse, la bête contre le chasseur et Junko se sentait plus traquée que traqueuse, dans sa culotte à pois, allongée sur le sol, le poids de la mort contre les seins, le carrelage gelé dans le dos. Elle allait articuler un son, elle allait faire quelque chose, pour répondre à la phrase menaçante et inintelligible qu'avait prononcé l'inconnue, quelque chose pour se dégager, quelque chose pour la massacrer, sauver sa peau, subir un coup d'adrénaline, n'importe quoi.

Elle allait survivre, c'était évident. Les histoires ne s'arrêtaient pas aussi abruptement.
(Elle savait pourtant que si, elle y avait assisté, il y avait eu son père, son frère, des disparitions aussi inattendues qu'instantanées. Elle ne voulait pas finir comme ça.)
Il fallait qu'elle fasse quelque chose.

« Je ne vous v- » avait-elle commencé lorsque le pot s'était brisé au sol, sans qu'elle n'ait même conscience de l'avoir lâché. Il y avait un bruit d'explosion, une douleur cuisante sur son visage, l'odeur métallique d'une plaie à peine ouverte quelque part sur son corps et cette odeur omniprésente de terre, de terre, de terre. Elle avait senti la femme paniquer, s'était redressée, comme électrisée, alors que le téléphone sonnait, pour parfaire un peu plus l'irréalité de la scène, l'espèce de chaos ambiant qui s'était installé, comme un drap de folie jetée sur l'endroit. Elle l'avait vu paniquer comme au ralenti, avait vu les meubles se renverser, le carrelage plein de terre l'avait vu déraper, avait senti le désastre quelque part, l’ébauche du drame.

À vrai dire, Junko ne savait pas très bien ce qui l'avait prise. Ça avait été une impulsion, comme le seul truc censé à faire et elle s'était redressée, sur les genoux, s'était jetée sur l'inconnue, pas pour la blesser, pas pour lui faire du mal, mais pour la serrer dans ses bras, l'attirant contre elle pour qu'elle arrête de s'agiter, le temps que le téléphone cesse de sonner, que le monde retombe à sa place, quelque part, qu'il arrête de tourner de travers et que le calme revienne. L'étrange femme avait l'air terrifiée, presque plus terrifiée qu'elle ne l'était et elle savait à quelles extrémités la peur pouvait pousser. Sa voix n'était pas très assurée mais elle avait pris la parole, d'une voix basse, essayant de contrôler l'hystérie qu'elle ressentait encore, ce mélange de panique, d'improbabilité, de terreur mêlées :

« Je. Je ne sais même pas si tu me comprends mais ça va aller okay ? Je te veux pas de mal... »

Moi, s'était-elle retenue d'ajouter au dernier moment alors qu'elle tapotait maladroitement le dos de la jeune femme d'une main qu'elle sentait encore tremblante. Tout allait bien, se répétait-elle, alors qu'elle s'écartait un peu pour éviter de ne se faire sauter à la gorge à nouveau. Tout allait bien, tout allait bien, tout allait bien.

Encore secouée, elle avait porté sa main à sa joue, grimaçant en sentant ses doigts se poisser de sang.

« Tout va bien. » avait-elle répété à voix haute, plus pour se convaincre elle-même que pour ne convaincre l'inconnue.

Maladroitement, presque, les yeux écarquillées et les mains coincées entre les cuisses, elle avait soufflé :

« Je m'appelle Junko. »
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