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 When beauty meets abuse • Junko [février 1986]

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Dragée surprise
MessageSujet: When beauty meets abuse • Junko [février 1986]   Mar 3 Mar - 3:36

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« Stokes libéré », mentionnait une brève dans la Gazette du Sorcier.
Zeno venait de rentrer à la maison de Bloomsbury où il n'avait quasiment pas mis les pieds depuis la fin des vacances de Noël. Il était tôt, le soleil se levait à peine. Il n'y avait donc rien d'étonnant à ce que la maison soit plongée dans une demi-pénombre silencieuse, ou presque silencieuse : il entendait des oisillons pépier dans la pièce réservée aux animaux que son père étudiait. Il s'était rendu à la cuisine le plus silencieusement possible, dans l'espoir d'y trouver les restes du repas de la veille. Il ne s'agissait pas de gourmandise, il avait réellement besoin d'ingérer quelques calories. Il avait enchaîné deux nuits de fêtes avec des amis moldus, l'after interminable d'un concert où il avait prêté ses talents de guitariste. Il ne s'était pas beaucoup rempli les poches grâce à ce concert, et son estomac encore moins. Du moins, pas grand-chose de solide, car l'alcool n'avait pas manqué. Il avait donc passé pas loin de trente-six heures à jouer, gesticuler, boire, somnoler, reprendre un verre et débattre de questions philosophiques et autres problèmes sibyllins avec n'importe qui, jusqu'à ce que son corps décide de prendre sa revanche. Mal de crâne et courbatures partout, il avait même mal aux dents, il aurait aimé pouvoir les mettre de côté comme un dentier pour détendre un peu sa mâchoire. Fronçant les sourcils à la vue d'un poulet déjà plumé dans le réfrigérateur – pauvre bête –, il prit un pot de confiture de framboise et grignota quelques tartines en feuilletant la Gazette. C'était une édition datée qui traînait sur la table, son père devait l'avoir laissée là à son attention. Lorsqu'il aperçut le nom de son meilleur ami en titre d'une colonne, l'estomac qu'il avait tant malmené manqua de tout rendre tant Zeno tressaillit. « Stokes libéré. » Sa tartine lui échappa des mains et tomba sur son jean, côté confiture. Il la reprit et lut la brève, puis revint à la une du journal pour en vérifier la date de parution : Leon avait été libéré presque deux semaines plus tôt. Et il ne lui avait donné aucune nouvelle.

Zeno enfourna rageusement le reste de sa tartine dans bouche et partit s'effondrer sur son oreiller. Il ruminait ses pulsions contradictoires – aller le serrer dans ses bras et lui dire combien il lui avait manqué, lui demander des explications, le tuer ? – quand un son aussi inattendu qu'improbable le fit sursauter. Il était persuadé d'avoir entendu un cheval s'ébrouer... Mais sa chambre était vide. Bien entendu. Était-ce la fatigue, l'abus d'alcool, le fait qu'il soit sur les nerfs, qui l'avait fait halluciné ? Avait-il été drogué à son insu ? Il l'entendit à nouveau et bondit de son lit, se plaquant contre le mur, fixant celui d'en face. Il était devenu fou. Leon Stokes l'avait rendu fou, définitivement. Quel salaud ! Ou alors...

« Papaaaaaaaaaaa ! hurla-t-il, deux fois, trois fois, jusqu'à ce que l'intéressé arrive dans sa chambre, l'air aussi peu réveillé que lui.
— Tiens, tu es rentré. Qu'est-ce qui... Ah. Il remarqua le doigt pointé de son fils et se gratta nerveusement la tête. Oui, j'ai eu besoin d'entreposer...
Un sombral papa ? Dans ma chambre ?
— Eh bien, tu sais, c'est cette collègue irlandaise avec qui j'entretiens une relation épistolaire qui doit venir me rendre visite...
Oh, une collègue ? Elle peut pas trouver un sombral en Irlande ? Et tu avais besoin de le mettre ici ? Et depuis quand tu reçois tes maîtresses à la maison alors que maman est là ? C'est une putain de maison de fous ici ! »

Les yeux exorbités et rougis de fatigue et de rage, Zeno sortit de la pièce en bousculant son père sans l'écouter répliquer, dévala les escaliers et quitta la maison en claquant la porte le plus bruyamment possible. Il fit quelques mètres dans la rue avant de réaliser qu'il n'avait nulle part où aller, pour changer. Il ne voulait pas retourner à l'appartement où s'était tenue la soirée d'after, où il se retrouverait embarqué dans un nouveau marathon de boisson, mais tous ceux dont il avait l'habitude de squatter le canapé s'y trouvaient. Il réfléchit un moment, tâchant d'ignorer la douleur lancinante qui lui parcourait le crâne, avant de se rappeler de... Comment c'était, déjà ? Une fille mignonne dont l'air gamin était assez trompeur, avec un nom qui lui faisait penser à du jus de fruit. Ou une plante. Gingko ? Elle lui avait dit qu'elle tenait un salon de tatouage dans le coin, et il avait été étonné d'apprendre qu'elle connaissait du beau monde dans le milieu underground de Londres.

Toutes ses émotions l'avaient vidé, il se trouvait désormais dans un tel état d'apathie qu'il aurait pu s'endormir sur le trottoir. Il devait être pas loin de neuf heures quand il trouva enfin le fameux salon, grâce aux aiguillages des rares passants qui avaient accepté de répondre à la question de ce jeune homme débraillé qui était sans doute un junkie. AnarchInk, c'était bien le nom qu'elle lui avait donné. Le store n'était pas encore levé, il n'avait pas pensé à ce détail. Dépité, il se vautra juste à côté de la porte et, la tête entre les genoux, se mit à somnoler en regrettant son lit. Il ne savait pas qu'il avait une misérable tache de confiture pourpre sur la cuisse droite.
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